Ashutosh Sureka

Le Canada renforce l’accent de conformité FINTRAC sur les transactions liées à la RPDC après l’action du GAFI

Le Canada renforce l’accent de conformité FINTRAC sur les transactions liées à la RPDC après l’action du GAFI
Le Canada durcit les règles LBA

La surveillance canadienne en matière de lutte contre le blanchiment d’argent s’intensifie après que les dernières déclarations du Groupe d’action financière (GAFI) sur les juridictions à haut risque ont mis en lumière les risques persistants liés à la République populaire démocratique de Corée, à l’Iran et au Myanmar. L’avis expose les attentes contraignantes en matière de conformité pour les entités déclarantes et les relations de correspondance bancaire, alors que les autorités cherchent à protéger l’intégrité du système financier du pays.

Points forts

  • À la suite de la déclaration du GAFI du 19 juin 2026, le ministre canadien des Finances exige désormais que toutes les transactions financières liées à la RPDC soient traitées comme à haut risque, quel qu’en soit le montant.
  • Les entités visées à l’article 5 de la Loi doivent vérifier les identités, examiner l’objet des transactions, évaluer le risque d’évasion des sanctions et mettre en œuvre une vigilance renforcée pour les transactions liées à la RPDC.
  • Le CANAFE confirme que la conformité à cette directive relève désormais de la supervision, et rappelle aux entreprises de surveiller les classifications du GAFI, car les changements affectent la diligence raisonnable et les obligations de déclaration au Canada.

Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.

Directive mise à jour pour les juridictions à haut risque

Comme l’a rapporté le CANAFE, citant le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada, le dernier avis fait suite à la déclaration du GAFI publiée le 19 juin 2026 concernant les juridictions faisant l’objet d’un appel à l’action et celles sous surveillance accrue.

Le GAFI indique que sa liste à haut risque exige des membres qu’ils appliquent soit des contre-mesures, soit une vigilance renforcée, la République populaire démocratique de Corée et l’Iran étant soumis à des mesures plus strictes et le Myanmar à une surveillance accrue fondée sur les risques. Dans sa dernière déclaration, le GAFI réitère ses préoccupations quant au fait que la RPDC continue de ne pas remédier aux lacunes importantes de son régime de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et met en garde contre les activités illicites liées au financement de la prolifération des armes.

En vertu de l’article 11,42 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, le ministre canadien des Finances a émis une directive exigeant que toute personne ou entité visée à l’article 5 de la Loi traite toutes les transactions financières en provenance ou à destination de la RPDC comme à haut risque, quel que soit le montant. Ces entités doivent vérifier l’identité des parties impliquées, effectuer une diligence raisonnable sur la clientèle, déterminer la provenance des fonds ou de la monnaie virtuelle, examiner l’objet de la transaction et la propriété effective, conserver les dossiers et s’assurer que leurs programmes de conformité incluent des politiques d’évaluation des risques d’évasion des sanctions liés à la RPDC.

Les entités impliquées dans des relations de correspondance bancaire doivent également prendre en compte le risque d’évasion des sanctions liées à la RPDC lors de l’application des mesures réglementaires et de la surveillance continue. Elles doivent en outre évaluer la manière dont les juridictions étrangères où les institutions partenaires sont constituées ou exercent leurs activités mettent en œuvre les sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre la RPDC.

Conséquences pour les entités déclarantes et le contrôle des sanctions

Le CANAFE indique qu’il évalue la conformité à la directive ministérielle, soulignant que l’avis n’est pas seulement informatif mais fait partie de l’approche de supervision du Canada en matière de lutte contre la criminalité financière. L’avis précise également que des directives similaires restent en vigueur pour l’Iran, car le GAFI continue d’identifier des lacunes dans le dispositif LBA/FT du pays et des progrès limités sur son plan d’action de longue date.

Pour les entités déclarantes, la mise à jour élargit le champ opérationnel au-delà du simple filtrage des transactions directes pour inclure l’évaluation du risque d’évasion des sanctions, la tenue de registres et le contrôle bancaire transfrontalier. La référence au Myanmar et aux juridictions sous surveillance accrue indique également que les entreprises doivent rester attentives à l’évolution des classifications du GAFI, car ces désignations peuvent affecter la diligence raisonnable, la conformité aux sanctions et les obligations de déclaration dans l’ensemble du secteur financier canadien.

Notre précédent rapport sur les sanctions du Trésor américain visant le réseau d’approvisionnement de l’IRGC iranien détaillait comment sept personnes et entités ont été désignées pour avoir soutenu l’approvisionnement transfrontalier en armes via l’aviation, le transport et des intermédiaires financiers. Il était précisé que ces mesures bloquent les avoirs relevant de la juridiction américaine et avertissait que les institutions financières étrangères s’exposent à un risque de sanctions secondaires, y compris des restrictions sur les comptes de correspondants et de transit américains.

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