France face à un ajustement budgétaire de 125 milliards d'euros d'ici 2030
À l'approche de la présidentielle de 2027, la trajectoire des finances publiques françaises impose un débat plus contraint sur la dette et le déficit. Quatre économistes estiment qu'un ajustement de 125 milliards d'euros est nécessaire avant la fin du prochain quinquennat pour stabiliser durablement l'endettement.
Points forts
- Un rapport d'économistes estime que la France doit réaliser un ajustement budgétaire de 125 milliards d'euros d'ici 2030 pour stabiliser ses finances.
- Le déficit public français devrait rester supérieur à 5 % du PIB en 2025, plaçant le pays parmi les plus déficitaires de l'Union européenne.
- La charge de la dette s'accroîtra de 78 milliards d'euros en 2026 à 124 milliards en 2030, tandis que déficit et dette atteindraient respectivement 7 % et 130 % du PIB en 2030.
Trajectoire budgétaire sous pression
Comme le rapporte Le Monde, cette évaluation intervient après la remise au gouvernement, mercredi, d'un rapport sur l'état des finances publiques par quatre économistes. Leur diagnostic souligne que la France ne bénéficie plus des conditions exceptionnelles qui ont longtemps atténué la dégradation de ses comptes, notamment la baisse des taux d'intérêt, la politique très accommodante de la Banque centrale européenne, le dividende de la paix et la suspension temporaire des règles budgétaires européennes.Dans ce contexte, les auteurs jugent trompeur de raisonner comme si ces amortisseurs existaient encore. Avec un déficit public supérieur à 5 % du PIB en 2025, la France se situe parmi les pays les plus déficitaires de l'Union européenne, et ce déséquilibre n'est plus seulement conjoncturel mais structurel.
Ils mettent aussi en avant la notion de finances publiques à politique inchangée, selon laquelle les mécanismes déjà inscrits dans la loi suffisent à détériorer davantage les comptes. La charge de la dette augmente mécaniquement avec le refinancement à des taux plus élevés, passant de 78 milliards d'euros annuels en 2026 à 124 milliards en 2030.
Pressions durables sur les dépenses
Les économistes soulignent que plusieurs postes de dépenses continuent de progresser simultanément. Les dépenses de santé augmentent sous l'effet du vieillissement et de l'innovation médicale, les retraites poursuivent leur hausse, et les dépenses militaires suivent désormais une trajectoire ascendante fixée par la loi de programmation.Aucun de ces mouvements n'est présenté comme illégitime, car ils reflètent soit des choix collectifs, soit des évolutions démographiques profondes. Mais leur cumul conduirait, selon cette analyse, à un déficit proche de 7 % du PIB en 2030 et à une dette autour de 130 % du PIB, ce qui réduit les marges de manœuvre budgétaires du prochain exécutif.
Dans notre précédent article sur les prévisions budgétaires remises à Bercy, nous expliquions que, sans mesures correctives, le déficit public français pourrait se creuser nettement et approcher 7 % du PIB à l’horizon 2030. Cette analyse, présentée comme une base pour les arbitrages de l’automne, soulignait la hausse mécanique des dépenses et la pression croissante sur les choix de redressement des comptes publics.
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