Smoove accélère son expansion après l'obtention du contrat Vélib' à Paris
Le gain du marché des Vélib' par le groupement Smoovengo marque un changement d'échelle pour Smoove, PME de Montpellier spécialisée dans les vélos en libre-service. Ce contrat, estimé à 600 millions d'euros sur quinze ans, doit plus que doubler le parc de vélos et de stations gérés par l'entreprise.
Points forts
- Smoove, via le consortium Smoovengo, a remporté le contrat Vélib' à Paris le 12 avril, qui démarre en janvier 2018 pour quinze ans.
- Les fonctionnalités innovantes de Smoove, dont traçabilité, déverrouillage sans borne et overflow, visent à doubler la capacité et réduire vols et vandalisme.
- Le volume de vélos et stations exploités par Smoove plus que doublera avec Paris, augmentant la compétitivité de l'entreprise sur le marché des mobilités partagées.
Contrat parisien et atouts technologiques
Comme le rapporte Bpifrance, le syndicat mixte Autolib’ et Velib’ Métropole attribue le 12 avril le marché des Vélib' au groupement Smoovengo, qui réunit Indigo, Mobivia, Moventia et Smoove. Dans ce dispositif, la société montpelliéraine doit produire les vélos en libre-service et piloter l'exploitation du service, avec une entrée en vigueur prévue en janvier 2018 pour quinze ans.Pour se distinguer, Smoove met en avant la sécurité et la flexibilité de ses équipements, sur ses gammes mécanique et électrique. Chaque vélo intègre une box embarquée qui permet à la fois de tracer le véhicule et de le déverrouiller directement par badge, sans passage par une borne d'enregistrement.
L'entreprise propose aussi la fonction d'overflow, qui permet à un usager de restituer son vélo même en cas de station saturée, en le verrouillant entre deux vélos déjà garés grâce à un câble intégré. Selon Smoove, ce système peut doubler la capacité d'une station et doit être d'abord déployé à Helsinki, avant une extension progressive dans les villes où le groupe est présent, en France et à l'étranger.
La traçabilité des vélos et le cadenas technologique qui bloque la fourche visent également à réduire les vols et le vandalisme, deux postes de coûts élevés pour les exploitants de services de vélos partagés.
Changement d'échelle pour la PME montpelliéraine
Fondée en 2008 à Saint-Gély-du-Fesc par trois frères passionnés de vélo, Smoove se développe d'abord en répondant à l'appel d'offres de la ville de Montpellier. Portée par les innovations de son bureau d'études basé à Vénissieux, l'entreprise remporte ensuite des contrats dans 26 villes, dont Nice, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Marrakech, Vancouver, Chicago, Bangkok, Helsinki et Moscou.En 2015, Smoove ouvre son capital à Mobivia afin d'accélérer son développement industriel et technique. La société emploie une quarantaine de salariés, réalise un chiffre d'affaires de 9 millions d'euros en 2016 et gère plus de 700 stations, 8 800 vélos en libre-service et 13 000 vélos en location longue durée.
Avec le marché parisien, le volume de vélos et de stations exploités par Smoove doit plus que doubler. Pour le secteur des mobilités partagées, cette progression renforce la position de l'entreprise française sur un marché où la fiabilité opérationnelle et la maîtrise des coûts liés au vandalisme restent décisives.
Dans un précédent article, nous avons analysé les enjeux de la logistique urbaine en France, en soulignant que le « dernier kilomètre » concentre une part disproportionnée des coûts et des nuisances dans les zones denses. Nous y rappelions aussi que la fragmentation des acteurs complique le pilotage des flux et renforce la pression sur les collectivités, désormais incitées à structurer des politiques locales (données, foncier, mutualisation) pour réduire émissions et particules.
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