L'action LVMH passe sous la barre des 520 euros à la suite du changement de direction de Fendi
Au 30 septembre, l'action LVMH se négocie à 519,7 euros, en baisse de 0,7 % au cours des dernières 24 heures. Depuis le début de l'année, l'action a baissé d'environ 17%, sous-performant l'indice Euro Stoxx 50.
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Faits marquants
- L'action LVMH se négocie à 519,7 euros, en baisse de 0,7%, les investisseurs réagissant aux changements de direction chez Fendi et à la restructuration de sa division vins et spiritueux.
- La société prévoit de supprimer 1 200 emplois chez Moët Hennessy en raison de la baisse de la demande et de la pression sur les marges.
- Les indicateurs techniques restent faibles, l'action se négociant en dessous des principales moyennes mobiles et devant faire face à une résistance autour de 550 euros.
Le fait marquant de cette semaine est que Silvia Venturini Fendi quittera son poste de directrice de la création chez Fendi. Elle restera présidente honoraire, mais LVMH n'a pas encore nommé de successeur. Ce départ fait suite à d'autres départs importants de créateurs en 2025, notamment celui de Maria Grazia Chiuri chez Dior au début de l'année. Ces départs suggèrent un changement générationnel et stylistique au sein de la division mode et maroquinerie de LVMH, qui contribue pour plus de 50 % à l'EBIT du groupe.
Si de telles transitions ne sont pas inhabituelles dans le secteur de la mode de luxe, elles interviennent à un moment où le moral des consommateurs est fragile et où la demande de produits haut de gamme se ralentit en Amérique du Nord et en Chine. Les investisseurs sont particulièrement sensibles aux changements de direction dans les maisons phares, car la vision créative joue un rôle direct dans la dynamique de la marque et le pouvoir de fixation des prix. Fendi, bien que plus petite que Louis Vuitton ou Dior, joue un rôle essentiel dans le portefeuille de mode de LVMH et s'adresse à une population plus jeune. Toute perturbation dans la conception ou le lancement des collections pourrait retarder la reprise des recettes au cours des trimestres clés.
Les défis ne se limitent pas à la mode. Moët Hennessy, la branche vins et spiritueux de LVMH, fait l'objet d'une restructuration douloureuse. La division va supprimer 1 200 emplois, soit environ 10 % de ses effectifs, dans un contexte de baisse de la demande de cognac et de champagne. Moët Hennessy, qui était auparavant un moteur de trésorerie, a récemment été mis sous pression par l'évolution des préférences des consommateurs vers des produits moins alcoolisés et des produits de qualité supérieure sans alcool sur des marchés clés. L'augmentation des coûts de production, les goulets d'étranglement logistiques et la baisse des volumes d'exportation ont contribué à l'érosion des marges.
La tendance baissière persiste alors que les moyennes clés signalent une faiblesse technique
D'un point de vue technique, le graphique révèle que LVMH reste bloqué sous sa moyenne mobile à 200 jours, un signal baissier qui renforce les inquiétudes plus générales concernant le momentum et la conviction des investisseurs. La moyenne mobile à court terme sur 50 jours a également commencé à s'incurver vers le bas, ce qui renforce la pression à la baisse. Les principaux niveaux de soutien se situent autour de 480-500 euros, une zone où l'action a précédemment trouvé un intérêt d'achat. À la hausse, la résistance reste ferme dans la fourchette €530-550, une zone qui a repoussé plusieurs tentatives de reprise au cours des trois derniers mois.
Le volume est resté stable, sans pic significatif suggérant des ventes de panique, mais les indicateurs de l'indice de force relative (RSI) restent proches des niveaux neutres (fourchette de 45-50), indiquant une demande terne plutôt qu'une panique survendue. Les bandes de Bollinger se resserrent, ce qui pourrait précéder une rupture, mais le biais dominant reste légèrement baissier, à moins que des catalyseurs macro ou internes ne changent.

Dynamique du cours de l'action LVMH (juillet 2025 - septembre 2025). Source : TradingView : TradingView.
Le ratio cours/bénéfice prévisionnel de LVMH est tombé à environ 20x, alors qu'il se situait au milieu des 20x au début de l'année, reflétant les attentes de croissance tempérées du marché. Bien qu'elle continue de commander une prime par rapport à des pairs comme Kering ou Richemont, cette prime commence à se comprimer alors que le groupe lutte contre des vents contraires dans des unités commerciales clés, en particulier Moët Hennessy.
Des perspectives prudentes avec une hausse limitée et le risque d'une nouvelle baisse
Les perspectives à court terme pour LVMH restent prudentes. Dans le scénario de base, en supposant que la transition de Fendi se déroule sans heurts et que les nouvelles pertes de Moët Hennessy soient contenues, l'action pourrait se stabiliser et se redresser légèrement vers la fourchette de €530-540 au cours des six prochains mois. Pour cela, il faudrait que les bénéfices du quatrième trimestre montrent une certaine résilience et que la demande de produits de luxe aux États-Unis et en Chine montre des signes précoces de reprise. Le sentiment des investisseurs devrait également s'améliorer, en particulier parmi les détenteurs institutionnels qui sous-pondèrent actuellement le secteur du luxe.
Dans un scénario baissier, si Moët Hennessy pèse davantage sur la rentabilité ou si les transitions de marques entraînent un affaiblissement des ventes chez Fendi ou Dior, le titre pourrait retomber à 480-490 euros, testant ainsi un support technique majeur. La menace de droits de douane liés au commerce ou une détérioration macroéconomique inattendue pourrait accélérer ce mouvement. Une rupture sous le niveau de 480 € pourrait déclencher des ventes algorithmiques et pousser l'action vers le bas de sa fourchette de 12 mois.
Goldman Sachs a relevé la valeur de LVMH, en augmentant son objectif de cours à 12 mois à 580 euros, en raison de la résistance plus forte que prévu de la marque dans les secteurs de la mode et de la maroquinerie. Cette décision a stimulé le sentiment, mais a augmenté la pression sur LVMH pour qu'il fournisse des résultats solides au troisième trimestre et des orientations claires pour soutenir sa valorisation supérieure.
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