L’AMF publie sa cartographie 2026 des risques pour les marchés financiers
Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité énergétique et la montée des risques cyber, l’Autorité des marchés financiers actualise son évaluation des vulnérabilités qui pèsent sur la finance. Le document souligne que les marchés restent globalement résilients, mais que la concentration des valorisations, l’essor des actifs privés et l’arrivée de nouveaux profils d’investisseurs appellent une vigilance renforcée.
Points forts
- L’AMF souligne que malgré la correction due au conflit avec l’Iran, les marchés financiers restent résilients mais fragilisés par l’instabilité géopolitique et la hausse des prix de l’énergie.
- La forte valorisation de certains actifs, la concentration des performances sur les grandes valeurs technologiques et le niveau d’endettement accroissent la vulnérabilité aux chocs macro-financiers.
- L’essor des actifs privés, l’augmentation des risques cyber et l’intérêt croissant des moins de 35 ans pour les ETF renforcent l’importance de la vigilance réglementaire et de la protection des investisseurs en 2025-2026.
Risques géopolitiques et tensions de marché
Comme l’indique l’Autorité des marchés financiers, dans sa cartographie 2026 des marchés et des risques, les évolutions observées depuis l’édition 2025 confirment les principaux facteurs de vulnérabilité, notamment sur les plans géopolitique et cyber. Malgré une phase de correction et de forte volatilité liée au déclenchement du conflit avec l’Iran, les marchés financiers demeurent globalement ordonnés et résilients.L’instabilité géopolitique continue de structurer l’environnement des marchés financiers. Les tensions commerciales persistantes, les incertitudes autour des politiques tarifaires, la poursuite du conflit entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que le regain de tensions au Moyen-Orient, renforcent l’incertitude et l’imprévisibilité auxquelles les acteurs de marché sont exposés.
Selon l’AMF, l’impact économique du conflit au Moyen-Orient dépend de l’évolution de la situation régionale. Les marchés de l’énergie constituent le principal canal de transmission, avec des perturbations d’approvisionnement en pétrole et en gaz qui alimentent la hausse des prix, ravivent les tensions inflationnistes et dégradent les perspectives macroéconomiques, tandis que les anticipations sur les taux d’intérêt deviennent plus contrastées.
Sur les marchés actions, le rebond rapide après le choc initial illustre cette capacité de résistance. L’AMF relève toutefois que les niveaux élevés de valorisation de certains actifs, la concentration des performances sur un nombre limité de grandes valeurs technologiques et l’endettement important de certaines entreprises peuvent accroître la sensibilité des marchés à une dégradation de l’environnement macro-financier.
Les marchés obligataires conservent, de leur côté, des conditions de liquidité jugées globalement favorables. La remontée des taux d’emprunt d’Etat et la hausse des coûts de financement, dans un contexte d’endettement élevé, montrent néanmoins que les tensions inflationnistes continuent de peser, tandis que les crypto-actifs prolongent leur phase de correction.
Fonds, épargne et vigilance accrue des régulateurs
Les fonds d’investissement continuent de profiter d’effets de valorisation favorables, soutenus par la progression des marchés actions et par la hausse des taux d’intérêt. En France, les flux de collecte restent positifs, sans impact significatif des récentes tensions géopolitiques, mais l’AMF maintient son attention sur certains segments, notamment les fonds immobiliers, toujours exposés aux fragilités du marché.L’essor rapide des actifs privés se poursuit également. L’AMF indique que ce segment n’est pas, à ce stade, considéré comme une source de risque significative pour la stabilité financière en raison de sa taille encore limitée, mais sa croissance soutenue et l’ouverture plus large à la clientèle de détail soulèvent des enjeux croissants en matière de liquidité, de valorisation, de levier et d’interconnexions avec le reste du système financier.
Les risques opérationnels et cyber s’accentuent parallèlement, dans un contexte de développement rapide de l’intelligence artificielle, en particulier des modèles avancés. L’autorité estime que cette évolution crée à la fois des gains potentiels d’efficacité et de gestion des risques, mais aussi de nouvelles vulnérabilités, ce qui confère au cadre européen DORA un rôle structurant pour renforcer la résilience opérationnelle numérique du secteur financier.
Enfin, l’AMF souligne qu’en 2025, le taux d’épargne des Français reste élevé et que l’intérêt pour les placements financiers progresse, notamment pour les ETF, avec l’appui des néo-brokers et l’arrivée d’investisseurs plus jeunes, souvent âgés de moins de 35 ans. Cette dynamique s’accompagne d’un besoin accru de protection des investisseurs, alors que les arnaques financières et les escroqueries fondées sur l’usurpation d’identité, les nouvelles technologies et les mécanismes de manipulation continuent de se professionnaliser.
Dans notre précédent article sur les tensions autour du détroit d’Ormuz, nous expliquions que la France et Oman défendaient une navigation libre et sans péage, tout en renforçant leur coopération en surveillance maritime et déminage. Nous soulignions aussi que les désaccords avec l’Iran sur le régime de passage et l’éventualité de redevances maintenaient un risque de perturbation des flux d’hydrocarbures, avec des répercussions potentielles sur les prix de l’énergie et le commerce mondial.
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