L’AMF publie une étude sur l’évolution du financement de marché à Paris
Dans un contexte de besoins croissants de financement de l’économie européenne, l’Autorité des marchés financiers met en avant le rôle des marchés de capitaux pour la compétitivité et l’autonomie stratégique de l’Europe. Son étude couvre la période 2007-2025 et examine les tendances de long terme de la place de Paris, avec des comparaisons avec d’autres centres financiers, notamment européens.
Points forts
- L’AMF indique qu’Euronext-Paris a perdu plus de la moitié de ses sociétés cotées en moins de vingt ans, accentuant la concentration sur les grandes capitalisations.
- Les transferts de petites capitalisations d’Euronext-Paris vers Euronext-Growth augmentent depuis 2024, entraînant une baisse des volumes échangés sans affecter les valorisations ni la capacité de financement.
- Les émissions d’actions, marquées par de fortes variations depuis 2007, servent principalement au renforcement des fonds propres et au désendettement, tandis que les émissions obligataires restent dynamiques, surtout pour les grands groupes.
Recul des sociétés cotées et concentration accrue à Paris
Comme l’indique l’Autorité des marchés financiers, le marché réglementé Euronext-Paris a perdu plus de la moitié de ses sociétés cotées en moins de vingt ans, tandis qu’Euronext-Growth enregistre lui aussi une baisse depuis 2024. Cette évolution s’explique surtout par l’assèchement des introductions en bourse depuis la crise des subprimes, sans que les entreprises françaises ne privilégient pour autant une cotation principale à l’étranger.L’étude souligne aussi le ralentissement des transferts des marchés de croissance vers les marchés réglementés. À l’inverse, les transferts de petites capitalisations d’Euronext-Paris vers Euronext-Growth augmentent, un mouvement qui ne semble pas pénaliser les valorisations ni la capacité de financement des entreprises, mais qui s’accompagne d’une baisse sensible des volumes de titres échangés.
La cote parisienne apparaît ainsi aujourd’hui plus concentrée autour de grandes capitalisations qu’en 2007. L’AMF relève également que la place parisienne attire peu de valeurs étrangères et que le profil financier des entreprises cotées est globalement plus fragile qu’avant la crise financière, avec une rentabilité inférieure en 2023 à celle de 2007 et un endettement en hausse pour la plupart des sociétés cotées, hors entreprises de taille intermédiaire.
Émissions d’actions et d’obligations portées par les besoins de financement
Les émissions d’actions des sociétés déjà cotées à Paris connaissent des variations marquées depuis 2007, avec des pics lors des grandes crises financières, notamment en 2008, lorsque les besoins de recapitalisation des grandes institutions financières augmentent fortement. Le recours au marché concerne des émetteurs de toutes tailles et reste particulièrement important sur Euronext-Growth.Au cours des années récentes, les levées de capitaux répondent principalement à des objectifs de renforcement des fonds propres et de désendettement. Sur le marché obligataire, les émissions des sociétés non financières françaises demeurent dynamiques sur l’ensemble de la période étudiée dans un environnement de taux d’intérêt longtemps très bas.
Si le financement obligataire est utilisé par de nombreuses entreprises, il bénéficie surtout aux grands groupes. Les PME et ETI renforcent aussi leur accès au marché, au moins jusqu’en 2017, notamment après le lancement par Euronext de l’initiative IBO, initial bond offering, et la création de fonds obligataires spécialisés, avant un ralentissement de cette dynamique.
Dans notre précédent article sur la hausse des défaillances d’entreprises en France au premier semestre 2026, nous rapportions que le nombre de procédures collectives restait à des niveaux record, avec 37 700 dossiers ouverts sur six mois. Nous soulignions aussi que les liquidations judiciaires dominaient largement, signe que de nombreuses sociétés arrivent devant le tribunal à un stade déjà avancé de difficulté, ce qui pèse sur l’activité et l’emploi.
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