Banque de France met en avant la lutte anti-blanchiment comme levier de stabilité financière

Banque de France met en avant la lutte anti-blanchiment comme levier de stabilité financière
Stabilité via anti-blanchiment

À Paris, la première édition des Rencontres Anti-Blanchiment de l’ACPR place l’intégrité financière au cœur des priorités du système financier. L’ouverture de l’événement souligne que la numérisation, les paiements instantanés et l’internationalisation des flux renforcent à la fois les opportunités d’innovation et les risques de blanchiment et de financement du terrorisme.

Points forts

  • Denis Beau de la Banque de France présente la lutte anti-blanchiment et contre le financement du terrorisme comme enjeu stratégique central pour la stabilité financière européenne.
  • La création de l’autorité AMLA est jugée opportunité majeure pour améliorer la coordination transfrontalière face à des flux criminels qui ignorent les frontières au sein de l’UE.
  • La Banque de France insiste sur l’impératif de maintenir les exigences d’intégrité, même face à l’innovation financière et à la montée des technologies comme la tokénisation et les cryptoactifs.

Priorités de supervision et cadre européen

Comme l’a indiqué la Banque de France, Denis Beau, Premier sous-gouverneur de l’institution et président désigné de l’ACPR, présente la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme comme un enjeu désormais stratégique pour la stabilité financière et la crédibilité du marché unique.

Dans son discours d’ouverture, il explique que l’évolution du système financier depuis la création du GAFI en 1989, avec les paiements instantanés, la digitalisation, la tokénisation et les cryptoactifs, fait émerger de nouveaux écosystèmes de services financiers, mais aussi de nouveaux risques. Selon lui, ces risques doivent être pris d’autant plus en compte que le lien entre LCB-FT et confiance dans le système financier se renforce.

Denis Beau met également en avant la dimension européenne de cette réponse. Il estime que la création de l’AMLA constitue une opportunité majeure pour les superviseurs nationaux, alors que les flux criminels ignorent les frontières et imposent une coordination plus étroite à l’échelle de l’Union européenne.

Innovation financière et attentes des autorités

Le responsable souligne qu’un cadre de confiance reste indispensable au développement durable de l’innovation financière. Si l’innovation crée de la valeur, elle peut aussi générer des fragilités, ce qui conduit les autorités publiques à maintenir des exigences inchangées en matière d’intégrité, quel que soit l’environnement technique.

Le message adressé aux établissements, professionnels de la conformité et acteurs de la place est celui d’une responsabilité collective face à des réseaux criminels jugés plus rapides, plus sophistiqués et technologiquement avancés. La feuille de route défendue lors de cette matinée repose ainsi sur une coopération étroite entre autorités publiques et acteurs privés, avec un objectif affiché d’efficacité opérationnelle.

Dans notre précédent article sur les conclusions d’une commission d’enquête parlementaire visant les « fonds vautours », nous expliquions que le rapport, adopté à l’unanimité après six mois de travaux et 47 auditions, appelait à un encadrement plus strict des fonds spéculatifs impliqués dans les défaillances d’entreprises françaises. Le document mettait l’accent sur l’opacité des montages de rachat et de financement et sur les effets d’une logique de rentabilité de court terme, relançant le débat sur le niveau de régulation à instaurer.

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