ECB relève les taux directeurs alors que la guerre au Moyen-Orient accroît les risques d’inflation dans la zone euro

ECB relève les taux directeurs alors que la guerre au Moyen-Orient accroît les risques d’inflation dans la zone euro
ECB agit contre l'inflation

L'économie de la zone euro ralentit après une période de forte dynamique, alors que la guerre au Moyen-Orient fait grimper les coûts de l'énergie et assombrit les perspectives d'inflation. La BCE estime que le choc est suffisamment important pour justifier un resserrement de la politique monétaire, tout en considérant que les anticipations d'inflation à long terme restent ancrées près de son objectif de 2 %.

Points forts

  • ECB a relevé ses trois principaux taux d'intérêt de 25 points de base lors de la réunion de juin, invoquant les risques d'inflation liés à la guerre au Moyen-Orient et à la hausse des prix de l'énergie.
  • Juin 2026, les projections des équipes de la BCE prévoient une croissance réelle du PIB de la zone euro de 0,8 % en 2026, de 1,2 % en 2027, et une inflation globale de 3,0 % pour 2026, qui devrait ralentir à 2,0 % d’ici 2028.
  • ECB a souligné une réponse politique mesurée et dépendante des données face aux nouveaux chocs d’offre, avertissant que la hausse des coûts de l’énergie et la sensibilité des salaires pourraient accroître la volatilité de l’inflation.

Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.

Décision de juin sur les taux et perspectives actualisées

Comme l’a rapporté la BCE, la présidente Christine Lagarde a indiqué devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen que la banque centrale avait relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base lors de sa réunion de juin afin de maintenir l’inflation sur la trajectoire de retour vers l’objectif à moyen terme.

Lagarde précise que la zone euro gagnait en dynamisme avant l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient, avec un PIB réel en hausse de 0,3 % d’un trimestre à l’autre au premier trimestre 2026, après ajustement pour la volatilité exceptionnelle en Irlande. Mais les données récentes indiquent désormais un ralentissement, notamment dans les services, tandis que l’industrie manufacturière résiste en partie grâce à la constitution de stocks et à une hausse des dépenses de défense.

Les projections des équipes de la BCE de juin 2026 tablent sur une croissance du PIB réel de 0,8 % en 2026, 1,2 % en 2027 et 1,5 % en 2028. L’inflation globale est attendue à 3,0 % en 2026, 2,3 % en 2027 et 2,0 % en 2028, après une hausse de l’inflation à 3,2 % en mai contre 3,0 % en avril et une inflation énergétique dépassant 10 % en avril et mai.

Lagarde indique que la demande intérieure devrait désormais être plus faible que prévu en mars, car la guerre a entamé la confiance et la hausse des coûts de l’énergie pèse sur les revenus réels. Néanmoins, la situation financière des ménages reste globalement solide et la consommation devrait rester le principal moteur de la croissance, aux côtés de l’investissement dans les technologies numériques et de l’augmentation des dépenses publiques en défense et en infrastructures.

Réponse stratégique aux risques de chocs d’offre

La BCE indique que son évaluation stratégique 2025 est conçue pour un environnement marqué par des chocs d’offre plus fréquents et une incertitude accrue. Lagarde précise que les décideurs doivent évaluer l’ampleur, la persistance et la transmission du choc, tout en surveillant si la hausse des prix de l’énergie se répercute sur l’inflation globale et déclenche des effets de second tour via les salaires et la fixation des prix.

Elle souligne que le choc actuel semble plus limité que l’épisode inflationniste précédent et se déroule dans un contexte macroéconomique différent, car l’inflation était plus proche de l’objectif au départ et les politiques monétaire et budgétaire n’étaient plus aussi accommodantes. Malgré tout, la BCE avertit que la formation des prix et des salaires pourrait rester plus sensible après la période de forte inflation de 2022 et 2023.

La banque centrale précise qu’elle s’appuie non seulement sur son scénario de référence, mais aussi sur des scénarios alternatifs élaborés depuis mars, compte tenu du risque que des chocs d’offre plus importants et persistants puissent générer des effets non linéaires sur l’inflation. Lagarde indique que la BCE considère actuellement que la situation nécessite un ajustement mesuré de la politique plutôt qu’une réponse vigoureuse, car rien n’indique pour l’instant un désancrage des anticipations d’inflation.

La banque affirme qu’elle restera dépendante des données et décidera réunion après réunion, sans s’engager à l’avance sur une trajectoire précise des taux. Lagarde ajoute également que la politique monétaire ne peut pas compenser entièrement de tels chocs et qu’une résilience structurelle renforcée, notamment dans le secteur de l’énergie, est nécessaire pour réduire l’exposition de la zone euro aux perturbations externes de l’offre.

Notre précédent rapport sur la demande énergétique liée à l’IA a mis en lumière comment la hausse rapide des besoins en électricité pour les nouveaux centres de données pousse les entreprises à sécuriser des approvisionnements énergétiques à long terme. Nous avons couvert l’accord de 20 ans de Chevron pour fournir de l’électricité produite à partir de gaz naturel au centre de données proposé par Microsoft au Texas occidental, avec une production initiale attendue d’ici 2028 et une possible extension à une capacité de plusieurs gigawatts.

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