Banque de France abaisse sa projection de croissance pour la France et relève ses prévisions d'inflation
Dans un contexte international incertain, la Banque de France publie ses projections macroéconomiques de juin 2026 pour la France avec un scénario central moins favorable pour l'activité et plus inflationniste qu'en mars. L'institution retient aussi plusieurs scénarios alternatifs liés à l'évolution des prix de l'énergie et aux tensions au Moyen-Orient.
Points forts
- Banque de France abaisse la croissance du PIB français à 0,5 % pour 2026, soit 0,4 point de moins que ses prévisions de mars.
- Prévision d’inflation IPCH relevée à 2,5 % en 2026, en hausse de 0,8 point, principalement à cause des prix de l’énergie.
- Le déficit public se creuserait légèrement en 2026 et le ratio d’endettement public atteindrait 122 % du PIB d’ici fin 2028.
Prévisions 2026-2028 revues sur fond de choc énergétique
Comme l'indique la Banque de France, ses projections macroéconomiques de juin 2026 sont établies dans le cadre de l'Eurosystème et reposent, pour le scénario de base, sur des hypothèses de marché arrêtées au 21 mai 2026. Elles ne prennent pas en compte l'annonce du 14 juin sur une possible signature d'un accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran, alors que l'environnement international reste marqué par la poursuite du conflit au Moyen-Orient.Dans ce scénario central, la croissance du PIB français s'établirait à 0,5 % en 2026, soit une révision en baisse de 0,4 point par rapport aux projections de mars. La Banque de France souligne à la fois une hausse du prix du pétrole plus forte qu'attendu et une activité moins résiliente au premier trimestre 2026, avec un deuxième trimestre qui devrait rester relativement atone selon les dernières enquêtes conjoncturelles.
La croissance rebondirait ensuite à 0,9 % en 2027 puis à 1,2 % en 2028, portée par le redressement de la demande intérieure privée, notamment la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. L'institution présente aussi un scénario plus favorable, proche du scénario de base en 2026 mais avec une reprise plus rapide en 2027, ainsi que deux scénarios plus défavorables fondés sur des anticipations plus pessimistes pour les prix de l'énergie.
Inflation plus forte et pression durable sur les finances publiques
Les perspectives de prix à la consommation sont relevées de 0,8 point par rapport aux prévisions précédentes. L'inflation totale mesurée par l'IPCH atteindrait 2,5 % en 2026, sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie et de ses répercussions indirectes, notamment sur le transport aérien via le renchérissement du kérosène, ainsi que sur les prix alimentaires liés aux matières premières agricoles et aux engrais.Elle refluerait ensuite à 1,7 % en 2027 et en 2028 avec la détente attendue des prix de l'énergie. L'inflation hors énergie et alimentation serait de 1,6 % en 2026, puis de 2,1 % en 2027 avant de revenir à 1,8 % en 2028, soutenue entre-temps par la transmission différée des coûts énergétiques aux biens industriels et par la progression des salaires dans les services.
Sur le plan budgétaire, la Banque de France anticipe qu'après une amélioration notable en 2025, le déficit public se creuserait légèrement en 2026 en l'absence de mesures additionnelles. Sous les hypothèses budgétaires retenues à titre conventionnel, il ne se réduirait que de manière limitée à l'horizon de projection, tandis que le ratio d'endettement public continuerait de croître vers 122 % du PIB fin 2028, accentuant l'écart avec la moyenne de la zone euro.
Dans le scénario le plus défavorable, l'inflation IPCH atteindrait 4,0 % en 2026 et 3,9 % en 2027 avant une normalisation en 2028. Le PIB y stagnerait en 2026 et 2027 avant un rebond l'année suivante, illustrant la sensibilité de l'économie française à une prolongation du choc énergétique.
Dans un précédent article, nous avons analysé la chute du WTI sous le seuil des 80 $ le baril après le reflux de la prime géopolitique liée aux tensions autour du détroit d’Ormuz. Nous y soulignions que l’apaisement des risques de perturbation et les anticipations de hausse de l’offre exerçaient une pression baissière, avec des niveaux techniques clés à surveiller (zone 78–80 $, puis 75 $).
Dernières actualités d’Banque de France
- Forex
- Crypto