La France cherche des voies de relance face à l’essoufflement de la consommation

La France cherche des voies de relance face à l’essoufflement de la consommation
France en quête de relance

À la veille des Journées de l’économie de Lyon, le débat sur la trajectoire économique française se concentre sur la faiblesse de la croissance et ses effets sur le pouvoir d’achat. Le diagnostic relie aussi ce ralentissement aux fragilités du système éducatif, dans un contexte de déclassement relatif au sein de l’Union européenne.

Points forts

  • La croissance annuelle française s’établit à 1,2 % sur 2015-2025, inférieure à la moyenne de l’UE et à des pays comme l’Espagne ou la Pologne.
  • Le PIB par habitant en France se situe désormais au niveau de Chypre, soulignant un appauvrissement relatif par rapport aux 27 pays de l’Union européenne.
  • La part d’élèves français sous le seuil minimal en mathématiques aux tests PISA grimpe de 17 % en 2003 à 36 % attendus en 2025, accentuant le risque de décrochage économique durable.

Croissance atone et perte de pouvoir d’achat

Comme l’écrit Le Monde, Pascal Le Merrer, directeur général des Journées de l’économie, appelle les candidats à l’élection présidentielle à s’appuyer sur les travaux d’économistes pour enrayer le déclin économique du pays.

Son constat s’inscrit dans un environnement marqué par l’incertitude, entre dérèglement climatique, tensions géopolitiques, crise du multilatéralisme et montée des inégalités. Dans ce cadre, la France fait face à un appauvrissement relatif, avec un PIB par habitant inférieur à la moyenne des 27 pays de l’Union européenne, au niveau de Chypre.

Sur la période 2015-2025, la croissance annuelle française atteint 1,2 %, contre 2 % en Espagne, 3,6 % en Pologne et 2,4 % aux U.S.. Selon cette analyse, une croissance insuffisante laisse les ménages plus exposés à toute reprise de l’inflation, notamment sur des postes sensibles comme l’énergie.

Faiblesses éducatives et risque de décrochage durable

Le texte met aussi en avant la dégradation du système éducatif comme un frein structurel à la performance économique. La France dépense moins par élève à l’école primaire que la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, tandis que les résultats se dégradent également au collège et au lycée.

Les tests PISA illustrent cette tendance, avec une part d’élèves sous le seuil minimal en mathématiques passée de 17 % en 2003 à 36 % en 2025. À cela s’ajoute un taux de jeunes sans études, sans emploi et sans formation de 14 % chez les 15-29 ans en France, contre 5,8 % aux Pays-Bas, un écart qui souligne le risque d’un affaiblissement durable du capital humain et du potentiel de croissance.

Dans notre précédent article sur les prévisions de croissance française pour 2026-2027, nous revenions sur un scénario de progression du PIB très limitée, pénalisée par la hausse des prix de l’énergie, le resserrement monétaire, la consolidation budgétaire et les incertitudes politiques. Nous y expliquions aussi que la faiblesse de la demande intérieure et la dégradation du marché du travail s’ajoutent à un pouvoir d’achat quasi-stable, ce qui réduit les marges de manœuvre et la capacité de rebond à court terme.

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