France, la croissance ralentit et la trajectoire 2026 reste sous pression

France, la croissance ralentit et la trajectoire 2026 reste sous pression
Croissance sous pression

Dans un contexte de tensions commerciales, d’incertitudes géopolitiques et d’une visibilité politique réduite à l’approche de la présidentielle, l’économie française a terminé 2025 sur un rythme modéré, selon les chiffres cités dans l’article. Le gouvernement vise 1 % de croissance en 2026, mais la réalisation de cet objectif dépendra surtout d’un redémarrage de la consommation et d’un reflux plus net de l’épargne, deux variables aujourd’hui fragiles, selon Forbes France.

Points forts

  • Le PIB français a crû de 0,9 % en 2025 contre 1,1 % en 2024, avec une consommation des ménages en hausse limitée à 0,4 % sur l'année.
  • Le taux d'épargne reste élevé à 18,3 % malgré un léger recul, freinant le rebond de la consommation et maintenant l'investissement des entreprises à +0,3 %.
  • La croissance 2026 dépend de la reprise de la consommation et de la baisse du taux d’épargne, mais l’incertitude persiste avec le climat des affaires, le chômage et les tensions commerciales.

Chiffres 2025, consommation et investissement

La croissance française s’est établie à 0,9 % en 2025, après 1,1 % en 2024, confirmant un ralentissement. Au quatrième trimestre, le PIB a progressé de 0,2 %, signe d’une dynamique positive mais limitée. La consommation des ménages, moteur traditionnel, n’a augmenté que de 0,4 % sur l’année malgré une inflation revenue autour de 1 %. Le pouvoir d’achat a nettement moins progressé, à 0,8 % par unité de consommation contre 2,3 % en 2024, pénalisé par la hausse des impôts, des revenus du patrimoine moins dynamiques et un second semestre en repli. Côté entreprises, l’investissement reste hésitant (+0,3 %) et le taux de marge a reculé à 31,4 %, tout en demeurant au-dessus de son niveau d’avant-crise sanitaire.

Les risques qui pèsent sur 2026

L’exécutif table sur 1 % de croissance en 2026, un scénario qui suppose une consommation plus active et une baisse supplémentaire du taux d’épargne. Or les ménages restent prudents, notamment par crainte d’une remontée du chômage et face à des perspectives salariales jugées peu dynamiques. Le budget adopté est présenté comme moins restrictif qu’envisagé initialement, mais il comporte des mesures susceptibles de peser sur le revenu disponible. Du côté des entreprises, le climat des affaires s’est dégradé en début d’année, ce qui pourrait entretenir l’atonie de l’investissement productif. Les droits de douane américains et les frictions commerciales prolongent par ailleurs l’incertitude internationale, sur fond de calendrier électoral domestique qui réduit la visibilité.

Indicateurs à surveiller et signaux de confiance

Le taux d’épargne, encore très élevé à 18,3 % en moyenne annuelle, constitue l’indicateur clé des prochains trimestres, après un léger recul en fin d’année. S’il poursuit sa baisse après deux trimestres consécutifs de repli, la consommation pourrait redevenir un moteur plus robuste. Philippe Crevel, directeur général du Cercle de l’épargne, estime dans une citation rapportée par Les Echos que « les Français ne vont pas repousser indéfiniment leurs achats de voitures ou de biens d’équipement ». La baisse des rendements financiers à court terme pourrait aussi favoriser un arbitrage vers la dépense plutôt que l’épargne de précaution. À l’inverse, une dégradation du marché du travail pèserait rapidement sur la confiance, tandis qu’un redressement des marges ou une amélioration des perspectives internationales pourrait débloquer des investissements aujourd’hui différés.

Nous avons précédemment rapporté l’adoption par le Sénat d’une proposition de loi constitutionnelle visant à renforcer l’encadrement de l’examen et de l’exécution des budgets. Le texte entend notamment clarifier le recours à des procédures dérogatoires en fin d’année, dans un contexte de tensions récurrentes autour des lois de finances et de la soutenabilité budgétaire.

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