Les grandes intercommunalités françaises consolident leur pouvoir politique après l’élection de nouveaux présidents

Les grandes intercommunalités françaises consolident leur pouvoir politique après l’élection de nouveaux présidents
Pouvoirs accrus des intercos

À l’issue du « troisième tour » des municipales, les grandes intercommunalités françaises désignent leurs nouveaux présidents, appelés à piloter des compétences majeures dans les métropoles. Ces structures gèrent notamment les transports, l’eau, les déchets et l’urbanisme, avec des budgets qui dépassent parfois largement ceux des villes-centres.

Points forts

  • Les intercommunalités des grandes villes françaises ont élu de nouveaux présidents et vice-présidents, renforçant ainsi leur pouvoir politique local en 2024.
  • La Métropole de Lyon gère un budget de 4 milliards d’euros, soit quatre fois celui de la ville de Lyon, tandis que Marseille Métropole dispose de 5 milliards d’euros contre 2 milliards pour la ville.
  • Vingt-deux métropoles et quatorze communautés urbaines couvrent un tiers de la population française, assurant une influence majeure sur les politiques publiques locales.

Des exécutifs intercommunaux au cœur des décisions locales

Comme le rapporte Le Monde, les noms des responsables qui dirigent désormais les intercommunalités des grandes villes sont maintenant connus après l’élection, ces dernières semaines, de leurs présidents et vice-présidents. Ce scrutin indirect, souvent présenté comme un « troisième tour » des municipales, fait parfois émerger des équilibres politiques différents de ceux observés dans les urnes au niveau communal.

Le cas lyonnais illustre ce décalage. Battu le 22 mars lors des municipales face à l’écologiste Grégory Doucet, Jean-Michel Aulas retrouve quatre jours plus tard une position de premier plan en étant élu premier vice-président de la Métropole de Lyon.

Dans les grandes agglomérations, ces établissements prennent des décisions sur des sujets structurants pour l’activité économique et la vie quotidienne, notamment les transports, la gestion de l’eau et des déchets, la voirie et l’urbanisme. Leur poids institutionnel reste pourtant souvent peu visible pour le grand public, malgré l’ampleur de leurs compétences.

Un poids budgétaire supérieur à celui des villes-centres

La puissance de ces intercommunalités se mesure aussi à travers leurs moyens financiers. La Métropole de Lyon dispose d’un budget de 4 milliards d’euros, soit quatre fois celui de la ville de Lyon, tandis que son équivalent marseillais atteint 5 milliards d’euros, contre 2 milliards pour Marseille.

Au total, l’enjeu concerne les vingt-deux métropoles et quatorze communautés urbaines, qui couvrent à elles seules un tiers de la population française. Les nouveaux présidents de ces structures s’imposent ainsi comme des acteurs majeurs de la gouvernance territoriale, à la tête d’organismes aussi discrets que décisifs pour les politiques publiques locales.

Notre précédent article sur la nomination de Pierre-André Imbert au poste de secrétaire général de l’Élysée revenait sur le remaniement à la tête de l’appareil présidentiel et le calendrier de prise de fonctions. Nous y expliquions aussi comment le départ d’Emmanuel Moulin ouvre la voie à sa candidature pour succéder à François Villeroy de Galhau à la Banque de France, un poste stratégique appelé à peser sur la gouvernance économique.

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