Le Parti socialiste relance sa doctrine avant 2027, sans candidat désigné
À un an de l’élection présidentielle de 2027, les partis français multiplient les projets et les prises de position face à des défis géopolitiques, démographiques et budgétaires jugés majeurs. Cette effervescence programmatique reste toutefois d’une portée limitée tant qu’elle n’est pas incarnée par un candidat capable de rassembler un camp politique.
Points forts
- Le Parti socialiste actualise sa doctrine avec un texte mené par Chloé Ridel prônant un « nouveau socialisme du XXIe siècle » et rejetant la social-démocratie classique.
- L'absence de clarification sur le bilan du quinquennat Hollande fragilise la crédibilité de la refondation du PS neuf ans après l'effondrement électoral de 2017.
- Sans candidat désigné ni consensus entre alliés, la capacité du PS à traduire ses nouvelles propositions en dynamique électorale pour 2027 reste incertaine.
Révision doctrinale du PS avant l’échéance
Comme l’écrit Le Monde, le Parti socialiste tente de redéfinir sa ligne politique après plusieurs revers électoraux et alors qu’il ne parvient pas encore à choisir un candidat accepté par un nombre significatif d’alliés.Le parti, marqué par le score de 1,75 % obtenu par Anne Hidalgo lors de la présidentielle de 2022, cherche à éviter une nouvelle marginalisation. Dans ce contexte, il remet à jour sa doctrine pour répondre à une séquence politique où plusieurs responsables, de Gabriel Attal à Raphaël Glucksmann, en passant par François Bayrou, Bruno Le Maire ou Elisabeth Borne, avancent déjà leurs propres propositions.
Le texte piloté par l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, défend l’idée d’un « nouveau socialisme du XXIe siècle ». Il dénonce un « capitalisme prédateur », critique un modèle de production et de consommation accusé d’encourager la prédation et le gaspillage, et réaffirme l’ancrage européen du parti, tout en présentant comme obsolète le temps de la social-démocratie.
Le poids du bilan Hollande sur la crédibilité
La principale limite du projet tient, selon cette analyse, à l’absence de clarification sur les cinq années de pouvoir exercées par François Hollande avec l’ensemble des courants du PS. Le parti n’a pas mené le travail d’inventaire politique après son effondrement de 2017, ce qui continue d’affaiblir la crédibilité de sa refondation doctrinale.Neuf ans après cette décomposition, cette zone d’ombre demeure au point que l’ancien président intervient lui-même dans le débat, lors d’un entretien accordé à Marianne le 15 avril. François Hollande y affirme que, pour la gauche, gouverner est une épreuve mais doit rester un objectif, faute de quoi elle se contente de parler sans rien changer, tout en disant par ailleurs qu’il se prépare à la prochaine échéance.
Pour le PS comme pour les autres formations engagées dans cette précampagne, l’enjeu dépasse donc la production d’idées. Sur le plan politique, la traduction électorale de ces propositions dépend encore de leur incarnation, de leur cohérence avec le passé gouvernemental et de la capacité à fédérer un espace partisan fragmenté.
Dans notre précédente analyse sur la précampagne de la présidentielle de 2027, nous expliquions que la profusion de propositions politiques reste largement théorique tant qu’aucun candidat ne parvient à incarner et fédérer un camp. Nous revenions notamment sur la refonte idéologique engagée par le Parti socialiste autour d’un « nouveau socialisme du XXIe siècle », freinée par l’absence de figure présidentielle clairement identifiée et par le manque de clarification sur le bilan du quinquennat Hollande.
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