La fonction publique voit les salaires réels remonter, malgré une pression persistante sur les rémunérations

La fonction publique voit les salaires réels remonter, malgré une pression persistante sur les rémunérations
Les salaires repartent enfin

Les rémunérations dans la fonction publique montrent en 2024 un redressement après deux années de recul en euros constants. Le salaire net moyen atteint 2 742 euros par mois, mais cette amélioration reste jugée insuffisante face à une inflation encore élevée.

Points forts

  • Le salaire net moyen des agents publics augmente de 1,7 % en euros constants en 2024, atteignant 2 742 euros par mois selon l'Insee.
  • L'amélioration découle de l'inflation retombée à 2 %, de la hausse de 1,5 % du point d’indice en juillet 2023 et de 5 points attribués en janvier 2024.
  • Malgré cette progression, les syndicats jugent les revalorisations insuffisantes face au coût de la vie et aux difficultés de fidélisation dans la fonction publique.

Hausse portée par les revalorisations de 2024

Selon Le Monde, comme l’a indiqué l’Insee dans des données publiées le 6 mai, le salaire net moyen des agents publics progresse de 1,7 % en 2024 en euros constants, après un recul de 1,4 % en 2022 puis de 0,7 % en 2023. En moyenne, les agents perçoivent 2 742 euros nets par mois, soit 90 euros de plus qu’en 2023 et 215 euros de plus qu’en 2022.

Cette progression s’explique notamment par le reflux de l’inflation, qui s’établit à 2 % après 4,9 % en 2023 et 5,2 % en 2022. Elle reflète aussi l’effet en année pleine de la hausse de 1,5 % de la valeur du point d’indice décidée en juillet 2023, ainsi que l’attribution de 5 points d’indice majoré à l’ensemble des agents publics à compter du 1er janvier 2024.

Des mesures catégorielles s’ajoutent à ces dispositifs généraux, en particulier dans l’éducation nationale, la justice et l’intérieur. L’Insee précise qu’elles portent principalement sur la part indemnitaire, avec une hausse des primes, y compris pour des personnels mobilisés dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques de 2024.

Un signal positif, mais insuffisant pour apaiser les tensions

Cette remontée marque une rupture après deux exercices de baisse du pouvoir d’achat salarial dans le secteur public. Elle ne suffit toutefois pas à dissiper les inquiétudes sur l’attractivité des carrières publiques et sur l’écart entre les revalorisations accordées et le coût de la vie supporté par les agents.

Les syndicats estiment que l’amélioration reste trop limitée et continuent d’alerter sur l’urgence d’une revalorisation plus large des rémunérations. Pour le secteur public, l’enjeu dépasse la seule statistique annuelle, car il concerne aussi la capacité de l’État à fidéliser ses effectifs dans des administrations déjà soumises à des tensions de recrutement.

Dans notre précédente analyse sur la hausse du salaire net moyen des agents publics en 2024, nous expliquions que cette progression en euros constants s’appuyait à la fois sur le reflux de l’inflation et sur les mesures générales de revalorisation, dont la hausse du point d’indice. Nous soulignions aussi le rôle des mesures catégorielles et des primes sectorielles (notamment liées aux Jeux olympiques 2024), tout en rappelant que les syndicats jugeaient ces avancées encore insuffisantes pour protéger durablement le pouvoir d’achat.

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