Les créateurs de contenus se préparent à peser sur la présidentielle française de 2027

Les créateurs de contenus se préparent à peser sur la présidentielle française de 2027
Créateurs : enjeu 2027

À l'approche de la présidentielle française de 2027, les créateurs de contenus s'installent comme un relais de plus en plus recherché par les responsables politiques et les médias pour atteindre les jeunes électeurs. Leur montée en puissance s'appuie sur l'évolution des usages de l'information, alors que plus de la moitié des moins de 25 ans citent les réseaux sociaux et les plateformes vidéo comme principale source d'actualité.

Points forts

  • Deux candidats majeurs à la présidentielle 2027, Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, intègrent déjà les influenceurs dans leurs stratégies de communication digitale.
  • Selon l'Arcom, plus de 50% des moins de 25 ans s'informent d'abord sur réseaux sociaux et plateformes vidéo, poussant médias et politiques à collaborer avec des créateurs de contenus.
  • Le soutien d'une influenceuse est désormais considéré aussi stratégique qu'une exposition sur une grande chaîne comme TF1, selon une source proche d'un candidat.

Montée en puissance des influenceurs politiques

Comme le rapporte FRANCE 24, cette recomposition se voit déjà dans les formats d'interviews et les stratégies de campagne qui se dessinent avant l'échéance de 2027. Sam Zirah, connu au départ pour ses entretiens avec des candidats de téléréalité, reçoit désormais des personnalités politiques et défend des échanges centrés sur la vie personnelle des invités, qu'il juge complémentaires de ceux des grands médias.

Les élections municipales de mars, présentées comme un avant-goût de la course présidentielle, ont donné un aperçu du rôle que pourraient jouer YouTube, Twitch, TikTok et Instagram dans le scrutin. Zirah a notamment interrogé des candidats à la mairie de Paris, en abordant des thèmes comme les relations personnelles ou les drames familiaux, dans des formats plus longs et généralement moins offensifs que ceux des médias traditionnels.

Deux prétendants majeurs à l'Élysée intègrent déjà cette logique. Jordan Bardella, du Rassemblement national, bénéficie d'une forte présence en ligne, tandis que Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a pleinement intégré les créateurs de contenus à sa stratégie de communication, allant jusqu'à réserver en février des conférences de presse aux nouveaux médias et aux influenceurs.

Un levier stratégique pour toucher les jeunes

Selon une enquête de l'Arcom publiée en janvier 2026, plus de la moitié des moins de 25 ans s'informent d'abord via les réseaux sociaux et les plateformes vidéo. Pour Pascal Lardellier, spécialiste de la communication politique à l'Université Bourgogne Europe, les influenceurs jouent donc un rôle fondamental dans la présidentielle, notamment parce qu'ils peuvent ramener vers la politique des jeunes particulièrement enclins à l'abstention.

Les médias traditionnels cherchent eux aussi à capter ces audiences. France TV collabore depuis plusieurs années avec HugoDecrypte, tandis que TF1 a lancé une série d'entretiens politiques coproduite avec le YouTubeur Gaspard G, dont un premier épisode avec Jean-Luc Mélenchon a été diffusé début avril.

Cette évolution s'accompagne toutefois de limites et de risques. Anna Baldy, qui commente l'actualité sous le nom de Grande bavardeuse, estime que les influenceurs, surtout à leurs débuts, peuvent être perçus comme plus faciles à manipuler que des journalistes installés. De leur côté, Sam Zirah et Anna Baldy disent ne vouloir soutenir aucun candidat, alors qu'une prise de position publique peut éloigner une partie de leur audience. Selon une source proche d'un candidat à la présidentielle, le soutien d'une influenceuse est désormais jugé aussi stratégique qu'une exposition sur une grande chaîne comme TF1.

Dans notre précédent article sur la stratégie du Parti socialiste pour la présidentielle de 2027, nous expliquions qu’Olivier Faure souhaitait consulter les adhérents au plus tard le 9 juillet afin d’arrêter une ligne, notamment sur l’idée d’une primaire commune hors La France insoumise. Nous indiquions aussi qu’une primaire de la gauche hors LFI est déjà prévue le 11 octobre, sur fond de tensions internes au PS et d’incertitudes autour de la participation de Raphaël Glucksmann.

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