Les pays industrialisés voient leurs coûts d’emprunt peser sur leurs budgets

Les pays industrialisés voient leurs coûts d’emprunt peser sur leurs budgets
Dette, taux et budgets sous pression

La remontée des taux d’intérêt resserre les marges budgétaires des Etats industrialisés déjà confrontés à des déficits plus élevés et au retour de l’inflation. Cette pression financière augmente le coût du service de la dette et risque de freiner davantage la croissance dans plusieurs grandes économies.

Points forts

  • Le 4 juin, la France a placé une obligation de 9,2 milliards d’euros à échéance 2036, à un rendement de 3,8 %, son plus haut niveau depuis 2009.
  • Les rendements des obligations souveraines à long terme atteignent des pics dans les pays industrialisés : près de 5,2 % aux U.S. le 19 mai, 5,8 % au UK et 4 % au Japon.
  • La hausse des coûts d’emprunt, liée à l’inflation persistante et aux déficits publics, pèse de plus en plus sur la capacité des États à soutenir la croissance.

Tensions croissantes sur les émissions souveraines

Comme le rapporte Le Monde, l’Etat français a mené le jeudi 4 juin une émission de dette destinée à financer son déficit budgétaire, dans le cadre d’une opération de marché présentée comme routinière. Parmi les titres placés figure une obligation de 9,2 milliards d’euros à échéance 2036, pour laquelle les investisseurs ont exigé un rendement de 3,8 %, soit le niveau le plus élevé observé depuis 2009.

Cette demande montre que l’accès au financement reste ouvert pour la France, mais à un coût sensiblement plus élevé qu’au cours des années précédentes. Frederik Ducrozet, chargé de la recherche économique à Pictet Wealth Management, estime que cette hausse commence à peser sérieusement, tout en soulignant que le phénomène ne se limite pas à la situation budgétaire française.

Une hausse mondiale qui menace la croissance

Le mouvement touche l’ensemble des pays industrialisés, avec des rendements souverains qui retrouvent des niveaux inédits depuis plusieurs décennies. Aux U.S., les obligations à trente ans frôlent 5,2 % le 19 mai, un seuil sans précédent depuis 2007, tandis qu’au UK elles atteignent 5,8 %, un plus haut depuis 1998.

Au Japon, les rendements à long terme montent à 4 %, un record historique selon les éléments cités. La combinaison entre inflation plus persistante et déficits publics creusés entretient ainsi une pression durable sur les finances publiques, avec le risque d’alourdir les charges d’intérêt et de réduire la capacité des gouvernements à soutenir l’activité.

Dans notre précédent article sur la hausse des rendements obligataires dans les pays industrialisés, nous expliquions que le retour de l’inflation et l’aggravation des déficits publics renchérissent le coût d’emprunt des États. Nous soulignions que, malgré une demande des investisseurs qui reste solide, cette remontée des taux alourdit le service de la dette, réduit les marges de manœuvre budgétaires et peut peser sur la croissance.

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