La justice française accélère l’examen de 70 000 signalements après le meurtre d’une collégienne
Sous la pression politique et populaire provoquée par le meurtre de Lyhanna, 11 ans, le gouvernement français lance une revue prioritaire de 70 000 signalements en cours de violences sur mineurs. L’affaire met en cause les délais de traitement judiciaire, alors que le principal suspect avait déjà fait l’objet d’accusations graves visant de jeunes filles avant la disparition de l’enfant.
Points forts
- Gérald Darmanin ordonne la révision sous deux mois de 70 000 procédures en cours sur des violences contre mineurs après le meurtre de Lyhanna.
- Les syndicats de magistrats dénoncent le manque de moyens alors que la France compte quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne.
- Yaël Braun-Pivet demande l’examen accéléré d’une proposition de loi transpartisane pour élargir la lutte contre les violences sexistes et sexuelles à plusieurs secteurs.
Réexamen national et défaillances dans le dossier
Comme l’a rapporté France 24, le garde des Sceaux Gérald Darmanin ordonne à l’ensemble des procureurs de revoir d’ici au 14 juillet 70 000 procédures en cours concernant des violences contre des mineurs, après ce qu’il qualifie de « terrible défaillance de l’État, et de la justice ». Il indique aussi que les conclusions de l’enquête sur le traitement du dossier Lyhanna doivent être rendues sous deux semaines.La disparition de la collégienne, le 29 mai à Fleurance, puis la découverte de son corps une semaine plus tard dans un ancien silo à grains situé à 15 kilomètres de son domicile, déclenchent une vive émotion dans le sud-ouest et au-delà. Le père de 41 ans d’un camarade de classe est arrêté alors que les autorités révèlent qu’il avait déjà été mis en cause dans plusieurs affaires impliquant de jeunes filles.
Le point le plus sensible du dossier concerne une plainte déposée en août par une mère accusant cet homme d’avoir violé à plusieurs reprises sa fille de 10 ans. Malgré des éléments médicaux appuyant cette accusation, le suspect n’avait toujours pas été interrogé par la police lorsque Lyhanna disparaît neuf mois plus tard, alimentant les critiques sur les méthodes d’enquête et la rapidité d’intervention des autorités.
Le président Emmanuel Macron juge ces manquements « inacceptables ». Gérald Darmanin affirme qu’il prendra ses responsabilités si des fautes sont confirmées, en évoquant d’éventuelles sanctions disciplinaires allant du blâme à la révocation.
Pression sur les moyens judiciaires et réponse politique
Les syndicats de magistrats contestent les accusations du gouvernement et soutiennent que l’empilement de priorités successives rend leur mise en œuvre impossible. Dans un courrier adressé au ministre, ils rappellent que la France compte quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne et fait face à une hausse exponentielle des dossiers liés aux violences sexuelles et sexistes.Des spécialistes du secteur estiment que des années de sous-investissement ont fragilisé l’appareil judiciaire dans des affaires où la rapidité est déterminante. L’avocate Carine Durrieu Diebolt, membre de la commission indépendante CIIVISE, souligne que de nombreuses recommandations formulées pour lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants restent sans application, tandis que la Cour européenne des droits de l’homme a déjà condamné à plusieurs reprises la France pour ses retards et ses insuffisances dans le traitement de telles plaintes.
Le débat porte aussi sur la manière dont la parole des enfants est recueillie. Des praticiens du droit estiment que la justice reste marquée par le traumatisme de l’affaire d’Outreau, ce qui nourrit une prudence excessive face aux témoignages de mineurs. Dans ce contexte, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, demande l’inscription à l’ordre du jour d’une proposition de loi transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles, afin d’étendre la réponse publique à la justice, à la sécurité, à l’école et au sport.
Dans notre précédent article sur les élections consulaires des Français de l’étranger, nous soulignions la faible mobilisation (moins de 14% de participation) malgré des enjeux institutionnels importants. Nous rappelions que ce scrutin désigne les conseillers et délégués consulaires appelés à former le collège électoral chargé d’élire les sénateurs des Français de l’étranger, et que certains de ces élus peuvent aussi parrainer des candidats à la présidentielle de 2027.
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