Palantir affirme maintenir son contrat DGSI en France malgré la sélection de ChapsVision
Le basculement annoncé par le gouvernement français vers ChapsVision ne met pas fin, à ce stade, à la relation contractuelle entre Palantir et la DGSI. Le groupe américain précise que l’accord de long terme, renouvelé fin 2025 pour plusieurs années, reste en vigueur pendant la phase de transition.
Points forts
- Palantir affirme que son contrat DGSI renouvelé jusqu'à fin 2025 reste pleinement en vigueur malgré la sélection de ChapsVision par l'exécutif.
- Le gouvernement précise que l'attribution à ChapsVision découle d'un processus en cours lors de la prolongation avec Palantir afin d'éviter toute rupture de capacité.
- Le remplacement technologique par ChapsVision illustre la priorité à la souveraineté numérique, avec une période de transition et un calendrier de migration non précisé.
Contrat maintenu pendant la transition
Comme l’a rapporté l’Agence France-Presse, Palantir indique mardi 16 juin que son contrat avec la Direction générale de la sécurité intérieure demeure « pleinement en vigueur », après l’annonce par l’exécutif du choix de ChapsVision pour prendre sa suite.Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’entreprise américaine souligne que cet accord de long terme, renouvelé fin 2025, continue de s’appliquer. Palantir, fondée en 2003 et spécialisée dans l’analyse de données pour des missions critiques, travaille avec la DGSI depuis 2016, dans le sillage des attentats qui avaient frappé la France l’année précédente. En décembre, le groupe avait précisé que ce contrat était prolongé pour trois ans.
Le gouvernement explique de son côté que la sélection de ChapsVision résulte d’un processus qui n’était pas achevé au moment de la reconduction du contrat avec Palantir. Cette prolongation visait à éviter une rupture de capacité dans un domaine jugé sensible pour la sécurité nationale.
Souveraineté technologique et migration à organiser
Le premier ministre annonce mardi matin que ChapsVision est retenue pour se substituer à Palantir, dans le cadre d’une volonté de privilégier les solutions françaises et européennes lorsqu’elles existent et répondent aux besoins de l’Etat.Matignon ajoute que cette phase doit laisser le temps de former les équipes et de préparer la migration vers la solution de ChapsVision, sans détailler de calendrier. Interrogé à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement, le ministre de l’économie Roland Lescure affirme que Palantir est débranchée de la DGSI et qu’une entreprise française prendra désormais en charge la cybersécurité de l’institution.
L’épisode illustre l’arbitrage entre continuité opérationnelle et souveraineté numérique dans les marchés publics de sécurité. Il montre aussi que le remplacement industriel annoncé par l’Etat s’inscrit dans un calendrier de transition encore non précisé.
Dans un précédent article, nous expliquions que la DGSI avait engagé une transition progressive des outils de Palantir vers la solution française ChapsVision, un choix susceptible de peser sur les perspectives de revenus de Palantir en Europe. Nous soulignions aussi que, malgré cette bascule annoncée, le contrat de long terme restait « pleinement en vigueur » à court terme, tandis que le marché réagissait par un recul du titre PLTR et une hausse de l’incertitude autour de la trajectoire à moyen terme.
Dernières actualités d’Chevron
- Forex
- Crypto