La France accélère le déploiement de l’IA dans la fonction publique avec 655 millions d’euros d’investissements
À la veille de Vivatech, le gouvernement présente un plan visant à généraliser plusieurs outils d’intelligence artificielle dans la fonction publique d’Etat pour alléger les tâches administratives et améliorer l’efficacité des services. Le dispositif s’accompagne d’un investissement supplémentaire de 655 millions d’euros dans l’IA et d’une future négociation sociale sur l’encadrement de ces usages.
Points forts
- La France investit 655 millions d’euros pour accélérer le déploiement de l’IA dans la fonction publique annoncé le 16 juin.
- L’« assistant IA », développé avec Mistral AI et Outscale, sera généralisé à tous les agents de l’Etat après une phase pilote coûtant 300 000 euros.
- L’administration étend Transcripts et DiploIA à tous les ministères, visant l’efficacité opérationnelle et la souveraineté numérique via l’IA.
Déploiement d’outils publics et financements annoncés
Comme le rapporte Le Monde, le plan présenté mardi 16 juin par le ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel, marque une accélération de l’usage de l’IA dans l’administration, après des phases d’expérimentation engagées depuis 2025.Le gouvernement prévoit notamment la généralisation de l’« assistant IA » à l’ensemble de la fonction publique d’Etat. Cet agent conversationnel, testé auprès de 10 000 agents volontaires, est développé par la direction interministérielle du numérique, s’appuie sur les modèles de Mistral AI, tandis que les données sont hébergées par Outscale, la division cloud de Dassault Systèmes.
Après un investissement de 300 000 euros pour sa phase pilote, la généralisation de cet outil coûte environ 700 000 euros. Dans le même temps, la France va investir 655 millions d’euros supplémentaires pour soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche et les filières industrielles liées à l’IA, selon une déclaration vidéo du premier ministre Sébastien Lecornu publiée mardi sur les réseaux sociaux.
Effets attendus pour l’administration et la souveraineté numérique
L’exécutif étend aussi à tous les agents de l’Etat Transcripts, un service de transcription automatisée par IA destiné à réduire le poids des tâches administratives. Selon l’administration, les agents consacrent en moyenne quatre heures par semaine à rédiger des comptes rendus de rendez-vous, de réunions ou d’auditions.L’outil de traduction DiploIA, lancé par le Quai d’Orsay, peut également être utilisé par l’ensemble des ministères. De son côté, GenIAI, la plateforme d’IA générative des armées, est déployée dans les ministères de la justice et de l’intérieur pour traiter des données sensibles ou accélérer le traitement des visas.
Au-delà du gain opérationnel, le gouvernement inscrit ce plan dans un objectif de souveraineté technologique et de modernisation des services publics. Cette orientation intervient alors que l’Organisation de coopération et de développement économiques estimait, dans un rapport publié en septembre 2025, que le principal risque pour les administrations n’est plus d’adopter l’IA, mais de rester à l’écart de cette transformation.
Dans notre précédent article sur le plan du gouvernement français pour généraliser l’IA dans l’administration, nous expliquions comment l’exécutif entend déployer plusieurs outils auprès des agents publics afin de moderniser les services et gagner en efficacité. Nous indiquions aussi que cette accélération s’accompagne d’un investissement supplémentaire de 655 millions d’euros pour les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche et les filières industrielles, dans une logique de souveraineté technologique et d’encadrement des usages.
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