La gauche française plaide pour un référendum sur un impôt de solidarité nationale
À l’approche de la présidentielle de 2027, le débat fiscal et institutionnel s’impose comme un axe de démarcation entre la gauche et une droite nationaliste en progression. La proposition consiste à soumettre aux électeurs un impôt ciblant les plus grandes fortunes, avec l’objectif affiché de recentrer la campagne sur la justice sociale et l’égalité.
Points forts
- Thomas Piketty appelle la gauche à organiser un référendum sur un impôt de solidarité nationale ciblant milliardaires et centimillionnaires, pour recentrer le débat sur la redistribution.
- Inspiré du dispositif de 1945, l'impôt proposé inclurait un prélèvement jusqu’à 20 % sur les plus grands patrimoines et une contribution exceptionnelle pouvant aller jusqu’à 100 % pour certains enrichissements.
- Cette mesure pourrait mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros, influençant le débat sur le financement public et la stratégie de la gauche avant 2027.
Proposition fiscale pour structurer la campagne de 2027
Comme le rapporte Le Monde, l’économiste Thomas Piketty appelle les partis de gauche à soutenir par référendum l’adoption d’un impôt de solidarité nationale visant les milliardaires et les centimillionnaires. Il présente cette option comme un moyen de clarifier les lignes politiques, de rassembler la gauche et de déplacer le débat public des questions migratoires vers celles de la redistribution et de la justice sociale.Dans son analyse, cette initiative permet aussi de replacer la question démocratique au centre de l’élection présidentielle. Il estime que la gauche doit opposer à la promesse de référendums antimigrants une consultation populaire portant sur la solidarité, afin de montrer que les thèmes d’identité servent aussi à détourner la contestation sociale et à protéger les plus aisés.
Le raisonnement s’inscrit dans un contexte où aucun référendum n’a lieu en France depuis 2005. L’auteur considère que la crise des « gilets jaunes » aurait dû ouvrir la voie à une consultation citoyenne d’ampleur, ce qui renforce, selon lui, la nécessité de redonner la parole aux électeurs sur une question liée à l’égalité et à la fin des privilèges.
Référence à l’ISN de 1945 et portée budgétaire
Le dispositif avancé s’inspire de l’impôt de solidarité nationale adopté par l’ordonnance du 15 août 1945. Ce mécanisme comprenait un prélèvement sur les patrimoines les plus élevés détenus en 1945, avec un taux allant jusqu’à 20 % pour les plus grandes fortunes, ainsi qu’une contribution exceptionnelle sur l’enrichissement constaté entre 1938 et 1945, dont le taux atteignait 100 % pour les hausses de patrimoine les plus importantes.Selon le résumé de cette chronique, une telle mesure pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros. Au-delà de son rendement potentiel, cette référence historique place la fiscalité du patrimoine dans une logique de choix politique majeur pour la France, avec des implications directes pour le débat sur le financement public, la cohésion sociale et le positionnement stratégique de la gauche avant 2027.
Dans notre précédent article sur la taxe annuelle de 20 % visant certains actifs somptuaires logés dans des holdings personnelles, nous expliquions comment des contribuables fortunés réorganisent rapidement leur patrimoine pour en réduire l’impact. En pratique, certains retirent ou rachètent à titre personnel des biens comme des pierres précieuses, des voitures de sport ou des résidences secondaires, ce qui pourrait amputer sensiblement les recettes attendues par l’État dès 2026.
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