La CFDT prépare son renforcement organisationnel avant l’échéance présidentielle de 2027
Réunie à Bordeaux pour son 51e congrès, la CFDT place déjà la présidentielle de 2027 au centre de ses préoccupations stratégiques. Dans un climat social et politique jugé plus fragmenté, la direction veut profiter de ce rendez-vous pour consolider son implantation syndicale et adapter ses revendications.
Points forts
- La CFDT ouvre son congrès du 22 au 26 juin à Bordeaux, fixant le cap organisationnel avant la présidentielle de 2027 dans un contexte politique tendu.
- Marylise Léon, seule candidate au poste de secrétaire générale, met en avant la progression des adhérents à près de 642 000 mais alerte sur la fatigue militante et la pression politique.
- La direction propose d’augmenter la cotisation des adhérents de 0,75 % à 0,95 % du salaire pour renforcer les syndicats de proximité, alors que la syndicalisation stagne à 10 % des salariés.
Congrès de Bordeaux et priorités internes
Comme le rapporte Le Monde, Marylise Léon ouvre lundi 22 juin le congrès de la CFDT en alertant sur une séquence politique qu’elle juge lourde à l’approche de 2027, dans un pays « fracturé » où l’extrême droite « prospère ». La secrétaire générale, assurée d’être reconduite faute de concurrent, utilise cette réunion de cinq jours au Parc des expositions de Bordeaux pour fixer un cap à son deuxième mandat.Malgré sa place de premier syndicat français aux élections professionnelles et une progression du nombre d’adhérents, à près de 642 000 depuis la mobilisation contre la réforme des retraites, l’organisation estime évoluer dans un environnement fragilisé. Marylise Léon souligne aussi la pression politique exercée contre les syndicats, tandis que la fatigue militante, déjà relevée lors du congrès de Lyon en 2022, continue de peser sur les équipes de terrain.
Hausse de cotisation et enjeux pour le syndicalisme
Pour renforcer sa base, la direction confédérale mise sur les syndicats de proximité, considérés comme le principal levier de recrutement et de développement. Elle propose ainsi aux délégués une hausse de 0,2 point du taux de cotisation demandé aux adhérents, qui passerait de 0,75 % à 0,95 % du salaire, avec une part plus importante des ressources orientée vers les structures les plus proches des salariés.Cette orientation s’inscrit dans un contexte plus large de faible syndicalisation en France. La part des salariés syndiqués se situe autour de 10 % en 2019, et à 7,8 % dans le seul secteur privé, ce qui souligne l’enjeu pour la CFDT de consolider son maillage local au moment où les organisations de travailleurs cherchent à préserver leur influence.
Dans notre précédente analyse de la crise démocratique au niveau municipal, nous expliquions que le fort renouvellement des conseils ne s’accompagne pas d’une réelle ouverture du pouvoir exécutif local, souvent marqué par des listes uniques et la reconduction des maires sortants. Nous relevions aussi que la concentration des décisions et le sentiment de faible influence contribuent aux démissions d’élus et alimentent, plus largement, un malaise sur la représentativité à l’approche de 2027.
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