Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, 400 à 500 emplois menacés dans le plan de cession
Placée en redressement judiciaire, la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon cherche des repreneurs pour l’ensemble de ses activités après l’ouverture d’un plan de cession global. Les 37 offres reçues couvrent 48 établissements, mais plusieurs structures restent sans candidat et alimentent les craintes sur l’emploi.
Points forts
- Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon a reçu 37 offres de reprise couvrant 48 établissements, aucune pour certaines structures comme des crèches et centres de santé.
- Jusqu'à 500 emplois sont menacés selon les syndicats, tandis que la direction estime environ 400 postes à risque, avec décision attendue en octobre.
- Les difficultés financières de la fondation proviennent de tensions sur les subventions, hausse des charges, et croissance rapide depuis 2023, reflétant la fragilité du secteur non lucratif.
Offres de reprise et calendrier judiciaire
Comme le rapporte Le Monde, la fondation, qui gère 65 structures de santé principalement à Paris et emploie 1 800 salariés, a reçu 37 offres de reprise déposées par des associations, fondations et groupes mutualistes dans le cadre de sa procédure de redressement judiciaire. Ces offres portent sur 48 établissements, tandis que certaines structures, dont des crèches, un lieu d’accueil enfant-parent, un centre de santé et le Centre national soins palliatifs et fin de vie, ne font l’objet d’aucune proposition.Les candidats avaient jusqu’au 15 juin pour remettre leurs offres initiales et peuvent encore les améliorer jusqu’à quarante-huit heures avant l’audience au tribunal de commerce, attendue courant septembre. La décision sur l’offre ou les offres retenues est attendue en octobre.
La fondation avait annoncé en avril que les administrateurs judiciaires engageaient un plan de cession globale au moyen d’un appel d’offres, avec l’objectif affiché de préserver le maximum d’emplois et d’éviter une liquidation totale.
Pression sociale et difficultés du secteur non lucratif
Les syndicats estiment que la multiplication des offres ne dissipe pas le risque social. Une intersyndicale réunissant la CGT, la CFE-CGC, la CFDT et le SECI affirme dans un communiqué que près de 500 postes sont directement menacés et appelle les salariés à manifester mercredi à la mi-journée devant l’Assemblée nationale.De son côté, la fondation évalue pour l’instant le nombre d’emplois menacés à environ 400. Sa directrice générale adjointe, Emmanuelle Soublin, souligne néanmoins que les repreneurs peuvent encore relever le nombre de salariés repris dans une structure ou étendre leur offre à des établissements supplémentaires.
La fondation explique ses difficultés financières par des tensions sur les subventions, des charges nouvelles liées à la hausse des prix et aux mesures du Grenelle de la santé, ainsi que par des facteurs plus spécifiques associés à sa croissance rapide depuis 2023. Cette situation reflète aussi les fragilités plus larges auxquelles restent confrontés de nombreux acteurs sanitaires, médico-sociaux et sociaux à but non lucratif.
Lors de son congrès à Bordeaux, la CFDT a fixé ses priorités en vue de 2027, en insistant sur un climat social et politique jugé plus fragmenté et sous pression. Notre rédaction rappelait aussi que, malgré la hausse des adhésions, le syndicat s’inquiète de la fatigue militante et propose une augmentation du taux de cotisation pour renforcer les structures de proximité, sur fond de faible syndicalisation en France.
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