Ex-groupe ACI, une course aux reprises mobilise 30 PME et 1 200 salariés après la liquidation
Pendant huit mois, syndicats, entrepreneurs, élus et administrateurs judiciaires se mobilisent pour préserver un maximum d’emplois au sein des sociétés de l’ex-groupe ACI. Ce processus, engagé après le redressement judiciaire de la holding en septembre 2025 sur fond de soupçons de malversations financières, illustre la mécanique de sauvetage industriel qui suit l’effondrement d’un groupe.
Points forts
- La mise en redressement judiciaire de la holding du groupe ACI le 25 septembre 2025 concerne 33 filiales affectées par des dettes élevées et une trésorerie tendue.
- Environ 30 PME et 1 200 salariés sont concernés par des offres de reprise, alors que les administrations tentent de préserver l’activité industrielle de Haute-Savoie.
- Les candidats à la reprise disposent de délais judiciaires courts pour déposer des projets solides, mettant en évidence les limites de la stratégie d’acquisitions rapide du groupe ACI.
Huit mois de reprises sous contrainte judiciaire
Comme le rapporte Le Monde, la mise en redressement judiciaire de la holding du groupe ACI le 25 septembre 2025 déclenche une course contre la montre pour ses 33 filiales, alors fragilisées par leur niveau de dettes et de trésorerie. Les administrateurs judiciaires et le comité interministériel de restructurations industrielles travaillent avec les acteurs locaux pour faire émerger des offres capables de préserver l’outil industriel et l’emploi.Dans ce cadre, plusieurs entrepreneurs se positionnent rapidement sur des actifs jugés viables. Louis Pernat, président du groupe familial HBP, se place ainsi pour reprendre Molliex Frères, une société de 26 salariés située dans la vallée de l’Arve, après avoir longtemps douté de la stratégie d’hypercroissance portée par ACI et fondée sur l’enchaînement d’acquisitions de TPE et PME.
Enjeu industriel pour la vallée de l’Arve
Le dossier dépasse le seul sort d’une holding, car il concerne un tissu de sous-traitance industrielle et environ 1 200 salariés répartis dans une trentaine de PME. L’enjeu pour les élus, les syndicats et les repreneurs potentiels consiste à éviter une désorganisation plus large de l’activité dans ce bassin industriel de Haute-Savoie.L’épisode met aussi en lumière les limites d’une stratégie de croissance externe rapide dans l’industrie, lorsque l’intégration des sociétés rachetées ne suit pas et que la structure financière se dégrade. Dans les procédures collectives, les délais accordés par la justice commerciale restent courts, ce qui oblige les candidats à la reprise à monter en quelques semaines ou en quelques mois des projets capables de sécuriser à la fois la production et les postes.
Dans notre précédent article sur l’envolée de la dette publique française au-delà de 3 500 milliards d’euros, nous rappelions que l’endettement avait atteint 3 536,1 milliards fin mars 2026, portant le ratio dette/PIB à 117,5 %. Nous expliquions aussi que cette dynamique accroissait la pression sur l’exécutif pour trancher rapidement entre des économies plus marquées et un ajustement graduel afin de préserver la crédibilité budgétaire.
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