La France abaisse sa prévision de croissance pour 2026 à 0,7 %

La France abaisse sa prévision de croissance pour 2026 à 0,7 %
Croissance 2026 revue à la baisse

Confronté à un début d’année plus faible que prévu et à un environnement extérieur dégradé, le gouvernement français ramène sa prévision de croissance 2026 à 0,7 % du PIB. Ce niveau aligne désormais l’exécutif sur les estimations de l’Insee, du FMI et de l’OCDE, alors que la trajectoire budgétaire reste sous pression.

Points forts

  • Le ministère de l’Économie abaisse la prévision de croissance française pour 2026 à 0,7 %, contre 0,9 % précédemment attendu, le 7 juillet.
  • Le gouvernement maintient un objectif de déficit public de 5 % en 2026 malgré une conjoncture budgétaire tendue et 6 milliards d’euros d’économies annoncés.
  • Le PIB français recule de 0,1 % au premier trimestre, tandis que l’inflation tombe à 1,8 % en juin après 2,4 % en mai, soutenant une reprise partielle de la consommation.

Révision de la prévision et facteurs de ralentissement

Selon Le Monde, citant le ministère de l’économie, Roland Lescure annonce le 7 juillet une révision de la croissance française à 0,7 % pour 2026, contre 0,9 % attendu jusque-là, à l’occasion d’une réunion du comité d’alerte des finances publiques.

Le ministère précise que cet ajustement tient compte d’un premier trimestre inférieur aux anticipations, d’un deuxième trimestre qui devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’activité, ainsi que d’une approche prudente pour les troisième et quatrième trimestres. Il ajoute que le reflux de l’inflation observé en juin et la reprise de la consommation envoient des signaux encourageants, sans toutefois permettre, à ce stade, d’envisager une croissance de 0,9 % sur l’ensemble de l’année.

Cette nouvelle prévision rejoint celles de l’Insee, du FMI et de l’OCDE, qui tablent aussi sur 0,7 % pour la France cette année. La Banque de France reste plus prudente avec une estimation de 0,5 % abaissée en juin, même si cette projection n’intégrait pas l’annonce d’un accord entre l’Iran et les U.S. intervenue juste avant.

Pression budgétaire et marges de manœuvre limitées

Le gouvernement avait déjà réduit sa prévision à la mi-avril, de 1 % à 0,9 %, tout en relevant son attente d’inflation en raison de la guerre au Moyen-Orient. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, réunit mardi le comité d’alerte des finances publiques, une instance créée en 2025 pour améliorer le pilotage budgétaire avec des ministres, des parlementaires et des représentants des collectivités, de la Sécurité sociale et des syndicats.

L’enjeu est de faire le point sur une situation budgétaire jugée difficile après l’annonce en avril de 6 milliards d’euros d’économies. L’exécutif vise toujours un déficit public de 5 % en 2026, mais cet objectif devient plus complexe à atteindre alors que le conflit au Moyen-Orient pèse sur l’activité et que plusieurs indicateurs se dégradent au printemps.

Parmi ces signaux, le PIB recule de 0,1 % au premier trimestre. L’inflation atteint 2,4 % sur un an en mai avant de redescendre à 1,8 % en juin, ce qui améliore l’environnement pour la consommation sans lever, pour l’instant, les contraintes pesant sur la croissance et les finances publiques.

Dans notre précédent article sur la stratégie du gouvernement autour du budget 2027, nous revenions sur les fortes contraintes financières qui poussent l’exécutif à chercher des marges d’économies, notamment dans certaines dépenses de la Sécurité sociale. Nous y évoquions aussi les tensions sociales liées à ce cadrage budgétaire, en particulier autour des salaires des fonctionnaires, dans un contexte où le gouvernement veut sécuriser l’adoption du budget (avec notamment l’option du 49.3 ou des ordonnances).

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