Le Parti socialiste organise un vote clé sur la désignation de son candidat pour 2027
À moins d’un an et demi de la présidentielle de 2027, le Parti socialiste soumet ce jeudi 9 juillet à ses militants le mode de sélection de sa future tête d’affiche dans l’espace social-démocrate. Le choix oppose une consultation élargie voulue par Olivier Faure à une procédure plus resserrée défendue par ses opposants internes, avec des conséquences directes sur les alliances à gauche.
Points forts
- Olivier Faure propose un vote ouvert à tous pour 2 euros afin d'attirer entre 500 000 et 600 000 participants et élargir l'audience du PS.
- Les courants de Nicolas Mayer-Rossignol et Boris Vallaud soutiennent un vote réservé aux militants et nouveaux adhérents pour environ 20 euros, voulant limiter l'entrisme.
- Le choix du mode de sélection redéfinit les alliances à gauche, conditionne la participation à la primaire du 2 juillet 2025 à Bagneux, et représente un test stratégique pour Olivier Faure.
Deux méthodes en concurrence pour trancher la candidature
Comme le rapporte Le Monde, le scrutin interne porte sur deux options pour départager le futur candidat du PS à l’élection présidentielle de 2027. La première, portée par le premier secrétaire Olivier Faure, repose sur un corps électoral large, accessible pour 2 euros, sans obligation d’adhérer au parti.Cette formule vise à faire participer un public plus vaste dans un espace dit « social-démocrate », où pourraient notamment prendre part le cofondateur de Place publique Raphaël Glucksmann, Matthieu Pigasse ou d’autres personnalités. Olivier Faure défend cette ligne en estimant qu’un retour au premier plan à gauche passe par un élan populaire, avec l’objectif d’attirer entre 500 000 et 600 000 participants.
La seconde option est soutenue par les courants de Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, et du député des Landes Boris Vallaud. Elle réserverait le vote aux militants actuels ou à de nouveaux adhérents, pour un coût d’environ 20 euros, afin de mieux contrôler le corps électoral et de limiter, selon ses partisans, le risque d’entrisme venu des anciens « insoumis ».
Un choix qui redessine les alliances à gauche
Au-delà de la procédure, le vote engage la stratégie du PS vis-à-vis du reste de la gauche. Si l’option défendue par Olivier Faure l’emporte, le candidat désigné pourra ensuite, s’il le souhaite, participer à la primaire de la gauche lancée par Lucie Castets le 2 juillet 2025 à Bagneux.Si la formule plus fermée est retenue, le vainqueur devra plutôt aller négocier un accord législatif avec les partenaires du parti. Ce scénario affaiblit de fait le processus de Bagneux, alors que l’idée d’une primaire de la gauche incluant les écologistes et d’anciens membres de La France insoumise n’est plus à l’ordre du jour.
Pour Olivier Faure, ce rendez-vous interne constitue ainsi un test politique majeur. Malgré une posture de calme affichée à Paris à proximité de l’Assemblée nationale, le premier secrétaire joue dans ce vote sa ligne d’ouverture et, plus largement, sa capacité à imposer la méthode de reconstruction du PS avant 2027.
Dans notre précédent article sur la condamnation en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, nous revenions sur la réduction de sa peine d’inéligibilité et sur sa décision de maintenir sa candidature à la présidentielle de 2027. Nous expliquions aussi que le calendrier d’un éventuel pourvoi en cassation, attendu entre fin 2026 et début 2027, entretenait une incertitude judiciaire susceptible de peser sur la dynamique de campagne du RN.
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