Nouvelle-Calédonie, les négociations institutionnelles restent gelées avant la présidentielle
À neuf mois de l’élection présidentielle française, l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie reste en suspens malgré l’engagement pris au printemps de relancer les discussions. L’absence de calendrier pour une nouvelle réunion politique prolonge l’incertitude pour les élus de l’archipel après les élections provinciales de fin mai.
Points forts
- Les discussions institutionnelles en Nouvelle-Calédonie restent gelées faute de calendrier officiel annoncé après les élections provinciales de fin mai.
- Le rejet par l’Assemblée nationale en avril de l’accord de Bougival prive les pourparlers d’une base consensuelle, y compris chez les indépendantistes.
- La campagne présidentielle en métropole repousse toute reprise formelle du processus politique, laissant l’archipel sans avancée institutionnelle avant la présidentielle.
Calendrier politique bloqué après les provinciales
Comme le rapporte Le Monde, Sébastien Lecornu avait annoncé le 8 mai, lors de la fixation des élections provinciales à la fin du mois de mai, qu’il réunirait les partenaires calédoniens « dès le mois de juillet », à Nouméa ou à Paris. Mais au lendemain du scrutin, les contacts de l’exécutif avec plusieurs élus se limitent à des appels de félicitations, sans date annoncée pour une reprise formelle des discussions.Milakulo Tukumuli, du parti L’Eveil océanien, indique que certains responsables ont bien été appelés par le premier ministre, et parfois aussi par le chef de l’Etat, mais sans précision sur le calendrier. Côté indépendantiste, le député communiste Emmanuel Tjibaou affirme n’avoir eu « ni son, ni image de l’exécutif » et estime que la campagne présidentielle a déjà commencé.
Blocages persistants sur la base des discussions
Nicolas Metzdorf, député Renaissance et élu de la coalition des Loyalistes, met en cause l’absence de base politique claire pour reprendre les échanges. Il dit avoir été interrogé sur une éventuelle relance des discussions à partir de l’accord de Bougival, une option qu’il juge déconnectée de la situation actuelle.Selon lui, ce texte a été rejeté par l’Assemblée nationale en avril et n’est plus soutenu, y compris parmi les forces indépendantistes qui y étaient auparavant favorables. Dans ce contexte, la séquence présidentielle en métropole repousse de fait tout arbitrage sur ce dossier institutionnel sensible, laissant l’archipel dans l’attente d’un nouveau cadre de négociation.
Dans notre précédent article sur l’accord de gouvernance conclu en Nouvelle-Calédonie après les élections provinciales, nous expliquions comment les partis non-indépendantistes et L’Eveil océanien avaient constitué une nouvelle majorité au Congrès pour la mandature 2026-2031. Nous y détaillions la répartition des postes clés (présidence du Congrès, du gouvernement et de la commission permanente) ainsi que les priorités affichées, alors que les désaccords institutionnels restaient mis entre parenthèses.
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