La gauche non mélenchoniste peine à lancer sa stratégie présidentielle

La gauche non mélenchoniste peine à lancer sa stratégie présidentielle
Gauche en quête de cap

À neuf mois de l’élection présidentielle, le Parti socialiste vient seulement d’arrêter le mode de désignation de son éventuel candidat. Ce calendrier retarde la clarification du leadership, du projet et des alliances d’un camp qui cherche encore à redevenir une force d’alternance crédible.

Points forts

  • Le 9 juillet, 55,5 % des militants socialistes ont choisi une primaire réservée aux adhérents pour désigner leur candidat présidentiel, excluant une ouverture aux sympathisants.
  • Le Parti socialiste reste en retard organisationnel face à Jean-Luc Mélenchon, déjà en campagne, et souffre d'un projet programmatique jugé incomplet sur le financement et l'immigration.
  • La primaire centrée sur la gauche modérée à l'automne devra clarifier l'offre politique face à une Marine Le Pen favorite dans les sondages, sous forte pression électorale.

Un choix de primaire jugé tardif

Comme le souligne Le Monde, le vote des militants socialistes du 9 juillet met fin à plusieurs mois de débats internes sur l’organisation d’une primaire, avec 55,5 % des suffrages en faveur d’un scrutin réservé aux adhérents pour désigner un candidat issu du PS et des partis du pôle socialiste.

Cette formule privilégie la gauche modérée. Elle inclut Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, mais écarte les anciens « insoumis » de L’Après ainsi que Les Ecologistes de Marine Tondelier. L’option défendue par le premier secrétaire Olivier Faure, une primaire plus large ouverte aux sympathisants de gauche, est donc rejetée.

Le parti apparaît toutefois en retard sur ses concurrents. Alors que Jean-Luc Mélenchon est déjà en campagne depuis plusieurs mois, le PS reste occupé à trancher ses modalités d’organisation, malgré ses revers aux présidentielles de 2017 et 2022 et un projet programmatique encore jugé incomplet sur plusieurs sujets, notamment le financement des réformes et l’immigration.

Pression électorale sur le camp social-démocrate

Pour la gauche non mélenchoniste et les écologistes, la pression s’accroît alors que Marine Le Pen, candidate malgré sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, apparaît comme favorite dans les sondages pour le scrutin présidentiel.

La primaire prévue à l’automne peut encore servir de point de départ à une entrée réelle dans la compétition électorale, à condition de devenir un moment de clarification politique. Tous les prétendants de cette famille doivent accepter d’y participer, même si Raphaël Glucksmann affiche déjà son intérêt tandis que François Hollande entretient encore l’incertitude sur une éventuelle candidature.

Au-delà du choix d’une personnalité, ce rendez-vous doit aussi fixer l’orientation politique, la stratégie électorale et les alliances législatives futures. Autant de décisions structurantes qui, dans cette lecture, auraient dû être arrêtées bien plus tôt.

Dans notre précédent article sur l’organisation de la primaire sociale-démocrate du Parti socialiste prévue en octobre, nous revenions sur le vote des militants du 9 juillet qui a lancé officiellement le processus de désignation pour la présidentielle. Nous y faisions le point sur les premières candidatures déclarées, notamment celles de Philippe Brun et Ségolène Royal, ainsi que sur les incertitudes liées aux positions de Raphaël Glucksmann, François Hollande et Karim Bouamrane vis-à-vis de cette consultation.

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