RN veut conditionner l’aide financière à l’Ukraine au remboursement

RN veut conditionner l’aide financière à l’Ukraine au remboursement
Le RN veut des garanties

Sous pression après les appels internes à réduire le soutien à Kiev, le Rassemblement national précise sa ligne sur l’aide française à l’Ukraine. Jordan Bardella affirme que le parti maintient son appui, mais refuse un financement sans garantie de remboursement dans un contexte de finances publiques françaises dégradées.

Points forts

  • Jordan Bardella, président du RN, exige que toute aide financière française à l’Ukraine soit conditionnée à une garantie de remboursement futur, invoquant la dette publique de 3 500 milliards d’euros.
  • Bardella propose que les achats d’armements permis par l’aide européenne bénéficient en priorité aux industriels européens, plutôt qu’à des fournisseurs extérieurs au continent.
  • Laurent Jacobelli, député RN, indique que soutien militaire et humanitaire à l’Ukraine serait maintenu seulement si compatible avec le réarmement et les stocks nationaux français.

Position du RN sur le financement ukrainien

Comme le rapporte Le Monde, Jordan Bardella détaille samedi 5 septembre, lors du Forum Ambrosetti en Italie, les conditions que son parti veut poser à l’aide française à l’Ukraine dans la guerre menée par la Russie contre Kiev. Le président du RN dit soutenir la poursuite de l’appui à l’Ukraine, tout en rejetant l’idée de financer la guerre « ad vitam aeternam ».

Il met en avant le niveau de la dette publique française, qu’il chiffre à 3 500 milliards d’euros, pour justifier un encadrement plus strict des aides financières. Selon lui, la France ne peut pas verser d’argent sans garantie ni assurance d’un remboursement futur, et il cite l’exemple des aides américaines qu’il présente comme adossées à l’exploitation des terres rares.

Bardella plaide aussi pour que les achats d’armements rendus possibles par l’aide européenne à l’Ukraine bénéficient en priorité aux industriels du continent. Cette prise de position intervient après les déclarations de Louis Alliot, vice-président du parti, qui appelle à « couper le robinet » des dépenses françaises en soutien à Kiev.

Priorité donnée aux finances et aux stocks français

Laurent Jacobelli, député RN de Moselle, reprend samedi matin sur Franceinfo la même ligne en expliquant qu’une aide à l’Ukraine sous un gouvernement du Rassemblement national ne se ferait pas « au prix de la vie financière de la France ». Il relie cette position aux efforts déjà demandés aux Français sur les retraites et les soins, dans un contexte qu’il décrit comme une situation de quasi-faillite.

Sur le plan matériel, l’élu précise que le « soutien militaire défensif », l’aide humanitaire et la formation resteraient maintenus. Il ajoute que les livraisons seraient poursuivies si elles restent compatibles avec le réarmement de la France, mais qu’elles seraient écartées si elles affaiblissent les stocks nationaux ou la défense du pays.

Cette ligne confirme l’orientation défendue ces derniers jours par Louis Alliot puis Marine Le Pen, avec un soutien à l’Ukraine présenté comme plus sélectif et subordonné aux contraintes budgétaires et militaires françaises.

Dans notre précédent article sur la controverse autour de l’aide française à l’Ukraine, nous revenions sur l’escalade politique déclenchée par l’appel du RN à « couper le robinet » des soutiens à Kiev. Edouard Philippe avait alors accusé le parti de servir les intérêts de Moscou en réduisant l’assistance, tandis que Marine Le Pen défendait une sortie diplomatique via une conférence de paix plutôt que la poursuite de l’aide militaire.

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