La Commission européenne autorise l’aide d’État allemande pour quatre sites de production de semi-conducteurs
L’Allemagne avance dans le soutien public à la nouvelle capacité de fabrication de puces après que la Commission européenne a approuvé 659 millions d’euros d’aides d’État pour quatre projets de semi-conducteurs. Ce financement vise des installations inédites réparties dans quatre Länder allemands et a pour objectif de renforcer la résilience de l’approvisionnement et l’autonomie stratégique de l’UE dans la chaîne de valeur des semi-conducteurs.
Points forts
- La Commission européenne a approuvé des subventions directes totalisant 659,3 millions d’euros pour quatre sites de production de semi-conducteurs à Baesweiler, Itzehoe, Weilburg et Munich, financées par les budgets fédéral et des Länder allemands.
- Les bénéficiaires — Element 3-5 (353 M€), Vishay Siliconix Itzehoe (214 M€), KLA-Tencor MIE (74,4 M€) et KETEK (17,9 M€) — doivent augmenter leur capacité, collaborer avec le monde académique et les PME, et partager les profits excédentaires des projets avec l’Allemagne.
- Ces approbations sont les 15e à 18e dans le cadre de la stratégie européenne sur les semi-conducteurs, les mesures précédemment autorisées totalisant environ 14,2 milliards d’euros d’aides de plusieurs États membres.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Plan de financement sur quatre sites allemands
Comme l’a rapporté la Commission européenne, le paquet approuvé prévoit des subventions directes pour quatre nouvelles usines de semi-conducteurs à Baesweiler, Itzehoe, Weilburg et Munich, avec un financement partagé entre le budget fédéral allemand et les autorités des Länder concernés.La plus grande subvention, 353 millions d’euros, est attribuée à Element 3-5 GmbH pour une usine à Baesweiler, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dédiée à la fabrication d’épi-plaquettes en carbure de silicium. Vishay Siliconix Itzehoe GmbH reçoit 214 millions d’euros pour une installation à Itzehoe, Schleswig-Holstein, spécialisée dans les MOSFETs de puissance au silicium de type N et P.
KLA-Tencor MIE GmbH se voit allouer 74,4 millions d’euros pour un site à Weilburg, Hesse, produisant des équipements avancés de métrologie optique et de mesure de films. KETEK GmbH reçoit 17,9 millions d’euros pour une installation à Munich, Bavière, fabriquant des détecteurs à dérive de silicium et des fenêtres d’entrée de rayonnement en graphène.
Stratégie européenne sur les puces et impact industriel
La Commission indique que ces mesures soutiennent les objectifs de la loi européenne sur les semi-conducteurs et ses orientations politiques 2024-2029 en développant la capacité de production en Europe via des sites considérés comme inédits. Elle conclut également que l’aide est nécessaire, proportionnée et limitée aux besoins de financement avérés, tout en n’ayant qu’un effet limité sur la concurrence et le commerce au sein de l’UE.Selon les conditions liées à ce soutien, les quatre bénéficiaires s’engagent à collaborer avec les universités, instituts de recherche, start-ups et PME, à donner la priorité à l’exécution des commandes en cas de pénurie d’approvisionnement, et à développer des formations spécialisées pour élargir le vivier de main-d’œuvre qualifiée. Ils acceptent également de partager les profits potentiels liés aux projets avec l’Allemagne si les rendements dépassent les prévisions actuelles.
Ces approbations constituent les 15e à 18e décisions de la Commission prises selon ces principes. Les mesures précédemment approuvées totalisent environ 14,2 milliards d’euros d’aides cumulées provenant de différents États membres pour diverses technologies et applications de semi-conducteurs.
Dans notre article précédent, nous avons couvert la décision de Nvidia de restreindre l’accès à ses puces IA avancées en Asie en réduisant sa « liste blanche » d’acheteurs approuvés après des contrôles de conformité renforcés. Cette mesure reflète un renforcement de l’application des contrôles à l’exportation américains visant à empêcher que des processeurs restreints ne soient réacheminés vers des utilisateurs finaux liés à la Chine via des pays tiers, ce qui augmente les exigences de conformité et pourrait ralentir certains projets de centres de données.
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