Le commerce des matières premières du Soudan alimente le financement de la guerre, selon l’ONU

Le commerce des matières premières du Soudan alimente le financement de la guerre, selon l’ONU
Le commerce soudanais alimente le conflit

Le Soudan reste un fournisseur clé de gomme arabique pour les industries mondiales de l’alimentation, des cosmétiques et de la pharmacie, même alors que le conflit bouleverse le pays et aggrave la crise humanitaire. Selon l’ONU, les recettes issues de la gomme arabique et de l’or pillés continuent de financer les combats, exposant les commerçants et les communautés locales à des abus croissants.

Points forts

  • La production d’or déclarée en 2024 dans les zones contrôlées par les SAF atteint 65 tonnes, dont 28 tonnes exportées via Port-Soudan pour une valeur d’environ 1,6 milliard de dollars, représentant 48,5 % des exportations totales du Soudan.
  • Le HCDH rapporte que près de 48 % de la production d’or soudanaise en 2024 est sortie en contrebande, avec une extraction et un commerce probablement en cours dans les régions contrôlées par les RSF, notamment au Darfour et au Kordofan.
  • L’ONU appelle à un contrôle international renforcé sur les matières premières et la logistique soudanaises, soulignant les risques croissants pour la chaîne d’approvisionnement des industries qui s’approvisionnent en matières premières au Soudan.

Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.

Les exportations d’or restent une source majeure de revenus

Comme le rapporte UN News, citant le HCDH, les ventes d’or demeurent également une source de revenus importante tant pour les Forces armées soudanaises (SAF) que pour les RSF. En 2024, la production d’or déclarée dans les zones contrôlées par les SAF atteint environ 65 tonnes, dont environ 28 tonnes officiellement exportées via Port-Soudan pour une valeur estimée à 1,6 milliard de dollars, soit environ 48,5 % des exportations totales du Soudan.

Les rapports et déclarations officielles cités par le HCDH indiquent que près de 48 % de la production d’or soudanaise en 2024 est sortie clandestinement du pays. Aucune donnée de production n’est disponible pour les zones contrôlées par les RSF, mais l’ONU estime que l’extraction et le commerce se poursuivent probablement dans les zones minières du Darfour et du Kordofan, notamment à Jebel Amer au Darfour Nord, Songo au Darfour Sud et Talodi au Kordofan du Sud.

Le HCDH affirme que perturber cette économie de guerre nécessite un contrôle international accru des matières premières et des routes de transport qui la soutiennent. Ces conclusions soulignent les risques croissants pour la chaîne d’approvisionnement des industries dépendant des matières premières soudanaises tant que le conflit perdure.

Notre précédent article sur l’initiative indienne de l’Electronic Gold Receipt (EGR) expliquait comment la NSE et Augmont travaillent à élargir un cadre réglementé par la bourse permettant de convertir l’or physique en reçus négociables et dématérialisés. Nous avons noté que l’intégration de l’or détenu de manière privée dans le système formel pourrait améliorer la liquidité du marché au comptant et la découverte des prix, permettre le nantissement et le prêt, et potentiellement réduire la dépendance aux importations de lingots.

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