La Commission européenne dévoile un plan d'électrification et une refonte du SEQE pour l'industrie européenne

La Commission européenne dévoile un plan d'électrification et une refonte du SEQE pour l'industrie européenne
L'UE dévoile des réformes énergétiques

Face à la hausse des coûts énergétiques et à la dépendance persistante aux combustibles fossiles importés, la Commission européenne présente un Plan d'action pour l'électrification accompagné d'une révision du Système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE) afin de renforcer la compétitivité, la décarbonation et l'indépendance énergétique. Ce paquet comprend un objectif indicatif d'électrification de 46 % d'ici 2040 et un cadre révisé du marché du carbone destiné à canaliser davantage d'investissements vers la transition industrielle avant 2030.

Points forts

  • La Commission européenne vise un taux d'électrification de 46 % dans l'UE d'ici 2040, prévoyant une économie annuelle de 260 milliards d'euros sur les importations de combustibles fossiles et un renforcement de la sécurité énergétique.
  • La réforme du SEQE relève le Facteur de Réduction Linéaire à 3,7 % (2031-2035) et 1,7 % (2036-2040), autorise 2 % de crédits internationaux de haute qualité et ajoute 100 milliards d'euros pour la décarbonation industrielle.
  • Les propositions incluent la réduction du coût de l'électricité par rapport au gaz, l'extension du déploiement des compteurs intelligents et l'obligation d'allouer jusqu'à 50 % des recettes nationales du SEQE à la décarbonation des secteurs couverts.

Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.

Objectifs d'électrification et évolutions du marché du carbone

Comme le rapporte la Commission européenne, ce paquet vise à accélérer la transition de l'industrie, des transports et des bâtiments vers l'électricité, alors que 70 % de l'électricité de l'UE provient déjà de sources d'énergie propres domestiques, mais que le taux d'électrification du bloc est resté à 23 % au cours de la dernière décennie.

La Commission indique qu'elle évaluera un objectif indicatif d'électrification de 46 % d'ici 2040 dans le cadre du paquet Énergie post-2030. Elle estime qu'atteindre ce niveau pourrait réduire la facture d'importation de combustibles fossiles de l'UE de 260 milliards d'euros par an d'ici 2040, tout en améliorant la sécurité énergétique, la résilience et la compétitivité des prix.

La révision du SEQE maintient le rôle du système dans la transition climatique mais ajuste sa trajectoire pour refléter les pressions géopolitiques et économiques actuelles sur l'industrie européenne. La proposition actualise le Facteur de Réduction Linéaire à 3,7 % pour 2031-2035 et à 1,7 % pour 2036-2040, et autorise jusqu'à 2 % de crédits internationaux de haute qualité sur 2036-2040 pour soutenir des projets de décarbonation à l'étranger et offrir de la flexibilité à mesure que les réductions d'émissions domestiques deviennent plus difficiles.

Le cadre révisé met également l'accent sur l'investissement. La Commission indique que la Banque pour la Décarbonation Industrielle disposera de 100 milliards d'euros pour la décarbonation industrielle, avec un « ETS Investment Booster » disponible avant 2030 comme première phase de la banque, tandis que les États membres devront consacrer 50 % des recettes nationales du SEQE à la décarbonation des secteurs couverts.

L'allocation gratuite pour les entreprises se poursuivra au-delà de 2030 et sera davantage liée aux investissements de décarbonation en Europe. La proposition intègre également les absorptions permanentes de carbone dans le SEQE de l'UE, augmente l'allocation gratuite à l'industrie de 6 milliards d'euros pour 2026-2030 via une proposition de référentiels distincte, et ralentit la réduction de l'allocation gratuite pour les secteurs couverts par le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières jusqu'en 2038.

Mesures de soutien à l'industrie et implications pour les consommateurs

La Commission propose également des modifications à la Réserve de Stabilité du Marché pour renforcer la stabilité du marché, préserver la liquidité et réduire la volatilité excessive des prix, en complément de sa proposition d'avril visant à mettre fin à l'invalidation automatique des quotas détenus en réserve. Elle précise que la révision renforce également le SEQE pour l'aviation et le maritime et l'étend à l'incinération des déchets, dans le but de créer des opportunités commerciales, de limiter les risques de contournement et de s'aligner sur les évolutions internationales.

Pour les consommateurs et les entreprises, le Plan d'action pour l'électrification vise à réduire l'écart de prix entre l'électricité et les combustibles fossiles et à accélérer l'adoption de technologies telles que les pompes à chaleur, les véhicules électriques et les batteries. La Commission indique que l'électricité coûte souvent trois fois plus cher que le gaz, tandis que la lenteur des raccordements au réseau et le manque d'incitations commerciales freinent le déploiement à grande échelle.

Sa proposition pour pérenniser les factures d'électricité permettrait aux États membres de réduire les tarifs d'accès au réseau pour certains groupes de consommateurs et les taxes pour les entreprises à forte intensité énergétique, tout en élargissant le déploiement des compteurs intelligents et en veillant à ce que l'électricité ne soit pas plus taxée que le gaz. Le plan détaille également des outils pour réduire les coûts initiaux dans les bâtiments, les transports et l'industrie, notamment des dispositifs de location sociale, des instruments financiers SEQE, le Fonds social pour le climat, la Banque pour la Décarbonation Industrielle et un mécanisme de marché pour la chaleur propre.

La Commission ajoute qu'une accélération du déploiement des réseaux reste essentielle pour permettre l'électrification à grande échelle. Elle précise que le « Grids Package » proposé l'an dernier devrait être adopté par les colégislateurs d'ici la fin de l'année, tandis qu'un soutien plus large à la capacité de production, aux pipelines d'investissement et aux compétences de la main-d'œuvre pourrait favoriser la création d'emplois dans toute la chaîne de valeur de l'énergie propre en Europe.

Dans notre précédent article sur la réforme prévue du SEQE par la Commission européenne, nous avons présenté les propositions visant à orienter davantage de recettes du marché du carbone vers l'industrie lourde tout en assouplissant le rythme du resserrement futur des émissions. Les changements maintiendraient les quotas gratuits plus étroitement liés aux investissements dans des opérations plus propres en Europe, ralentiraient la réduction post-2030 des permis disponibles et ajusteraient certains éléments du périmètre du système pour réduire les frictions transfrontalières.

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