L’AMF publie ses perspectives 2026 sur les marchés et les risques
Dans un contexte de tensions géopolitiques durables et de volatilité accrue, l’Autorité des marchés financiers estime que les principaux risques pesant sur les marchés restent inchangés dans ses perspectives 2026. Le régulateur français souligne que les marchés financiers demeurent globalement ordonnés et résilients malgré les effets du conflit au Moyen-Orient, la remontée des prix de l’énergie et de nouvelles pressions inflationnistes.
Points forts
- L’AMF souligne que la volatilité du conflit au Moyen-Orient accroît les risques sur la stabilité macroéconomique via les prix de l’énergie et l’inflation.
- Les conditions de liquidité restent favorables mais la hausse des rendements obligataires et l’endettement renforcent la vulnérabilité aux chocs macrofinanciers selon l’AMF.
- L’AMF maintient la vigilance sur les fonds immobiliers, la croissance rapide des actifs privés et l’intensification des risques cyber face à la digitalisation accrue du secteur financier.
Principaux risques pour les marchés en 2026
Selon AMF France, citant l’Autorité des marchés financiers, l’évolution observée depuis la publication de ses perspectives 2025 confirme les risques déjà identifiés, en particulier sur les plans géopolitique et cyber. Les tensions commerciales, les incertitudes sur les politiques tarifaires et la poursuite du conflit entre la Russie et l’Ukraine continuent de peser sur les perspectives économiques mondiales, tandis que le regain de tension au Moyen-Orient accentue l’incertitude sur les marchés.Selon l’AMF, les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient dépendent encore de l’évolution de la situation dans la région. Les marchés de l’énergie constituent le principal canal de transmission, avec de fortes perturbations sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz, une hausse marquée des prix de l’énergie et un retour de la volatilité, ce qui ravive les pressions inflationnistes et dégrade les perspectives macroéconomiques.
Les anticipations de marché évoluent aussi vers une trajectoire plus incertaine et plus différenciée des taux d’intérêt. Sur les marchés obligataires, les conditions de liquidité restent globalement favorables, mais les tensions inflationnistes entraînent une hausse des rendements des obligations d’État et un renchérissement des coûts de financement dans un contexte d’endettement élevé.
Malgré une phase de correction, les marchés d’actions font preuve de résilience et rebondissent rapidement après le déclenchement du conflit, certains indices retrouvant ou dépassant leurs sommets. L’AMF estime néanmoins que les valorisations élevées de certains actifs, la concentration de la performance boursière sur un nombre limité de grandes valeurs technologiques et le niveau d’endettement de certaines entreprises renforcent la sensibilité des marchés à une détérioration de l’environnement macrofinancier.
Vigilance accrue sur les fonds, le cyber et la protection des épargnants
Les fonds d’investissement continuent de bénéficier d’effets de valorisation favorables, soutenus notamment par la progression des marchés actions et l’évolution des taux d’intérêt. En France, les flux restent positifs sans impact majeur des récentes tensions géopolitiques, mais l’AMF maintient sa vigilance sur certains segments, en particulier les fonds immobiliers, qui restent exposés aux fragilités du marché sous-jacent.Le régulateur observe aussi la poursuite de l’expansion rapide des actifs privés. À ce stade, ce segment n’est pas considéré comme une source majeure de risque pour la stabilité financière en raison de sa taille encore limitée, mais sa croissance continue et l’élargissement de l’accès des particuliers soulèvent davantage de questions sur la liquidité, la valorisation, l’effet de levier et les interconnexions avec le reste du système financier.
Les risques opérationnels et cyber continuent par ailleurs de progresser. L’AMF relève que l’essor rapide de l’intelligence artificielle, notamment des modèles avancés, offre des gains d’efficacité et de gestion des risques, mais accroît aussi certaines vulnérabilités cyber et opérationnelles, dans un cadre où le règlement européen DORA doit renforcer la résilience numérique du secteur financier.
Le régulateur rappelle enfin qu’en 2025, le taux d’épargne des Français reste élevé, avec un intérêt croissant pour les placements financiers et les ETF, porté par les néocourtiers et une nouvelle génération d’investisseurs de moins de 35 ans. L’AMF juge cette population potentiellement plus vulnérable et indique intensifier ses actions de protection des investisseurs face à la montée des escroqueries et à des fraudes de plus en plus sophistiquées fondées sur l’usurpation d’identité et les nouvelles technologies.
Dans notre précédent article sur le WTI sous pression autour de 69,50 $, nous expliquions que le pétrole restait orienté à la baisse, pénalisé à la fois par des signaux de demande américaine plus faibles et par l’atténuation de la prime de risque géopolitique au Moyen-Orient. Nous soulignions aussi que, malgré une activité soutenue des raffineries selon les données de l’EIA, le marché se focalisait sur une offre jugée abondante et sur un tableau technique encore fragile.
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