L'Assemblée nationale veut mettre fin aux obligations d'Etat indexées sur l'inflation
La remontée durable des prix alourdit fortement la charge de la dette française liée aux obligations indexées sur l'inflation. Ce mécanisme pourrait coûter plus de 10 milliards d'euros à l'Etat en 2026, ce qui pousse une majorité de députés à réclamer sa suppression progressive.
Points forts
- L'Assemblée nationale a adopté à 57 % trois amendements visant à interdire les obligations d'État indexées sur l'inflation d'ici cinq ans.
- Cette mesure, soutenue par LFI, RN, PCF et écologistes, vise à limiter l'impact du renchérissement du service de la dette publique causé par l'inflation.
- Le débat révèle une nouvelle fracture politique sur la gestion de la dette souveraine, opposant opposition de gauche et extrême droite à la droite et au centre droit.
Vote parlementaire sur la dette indexée
Comme l'a rapporté Le Monde, les obligations d'Etat indexées sur l'inflation ont dominé un débat tendu à l'Assemblée nationale mercredi 4 novembre, avant l'adoption de trois amendements identiques prévoyant leur interdiction d'ici à cinq ans.Le député La France insoumise Aurélien Le Coq a porté l'offensive contre ce dispositif, qu'il accuse d'avoir renchéri le coût de financement de l'Etat dans le contexte de forte inflation. Les représentants du Parti communiste français et du Rassemblement national se sont rapidement associés à cette critique, faisant de ce sujet un axe politique déjà défendu depuis plusieurs années.
Au terme des échanges, 57 % des députés présents ont soutenu les amendements. Cette majorité repose sur une alliance de fait entre les élus du RN, de LFI, du PCF et les écologistes, tandis que la droite et le centre droit défendent le statu quo et que les socialistes s'abstiennent.
Pression budgétaire et lignes de fracture politiques
L'enjeu est directement budgétaire, car la hausse des prix augmente les intérêts versés aux détenteurs de titres indexés. Dans ce contexte, ces instruments, avantageux pour les investisseurs quand l'inflation accélère, deviennent nettement plus coûteux pour les finances publiques.Le vote met aussi en lumière une fracture politique inhabituelle sur la gestion de la dette souveraine. Une partie de l'opposition veut encadrer plus strictement les outils de financement de l'Etat, alors que les défenseurs du dispositif privilégient la continuité de la stratégie d'émission et refusent un changement brusque sur ce segment du marché obligataire.
Dans notre précédente analyse de l’adjudication d’OAT indexées du 15 octobre 2026, nous expliquions comment l’État a levé 1,25 milliard d’euros sur trois souches arrivant à échéance en 2032, 2039 et 2040. Nous soulignions une demande soutenue, avec des taux de couverture élevés sur chaque ligne, illustrant l’intérêt des investisseurs pour ce segment malgré son impact potentiel sur le coût de la dette en période d’inflation.
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