France, le projet de sortie de l’UE s’efface du débat politique avant 2027
À l’approche de la campagne présidentielle de 2027, l’idée d’une sortie de la France de l’Union européenne ne figure plus dans les positions défendues par le Rassemblement national ni par La France insoumise. Ce recul tranche avec les réactions favorables au Brexit exprimées en 2016 et souligne le caractère durablement marginal du « Frexit » dans le paysage politique français.
Points forts
- Le Rassemblement national et la France insoumise abandonnent le projet de « Frexit » à l’approche de la présidentielle de 2027, contrairement aux années 2010.
- Depuis 2017, Marine Le Pen a supprimé la sortie de l’UE et de l’euro de son programme, jugeant la proposition trop brutale pour l’électorat.
- Malgré le débat alimenté par le Brexit, la sortie de l’Union européenne reste marginale en France et n’est plus au cœur de l’offre politique des principaux partis contestataires.
Du Brexit de 2016 au revirement des partis
Comme le rapporte Le Monde, le « Frexit » a constitué l’une des tentations politiques marquantes des années 2010, portée pour des raisons différentes par le Front national, devenu depuis le Rassemblement national, et par les formations successives liées à Jean-Luc Mélenchon.Après le référendum britannique du 23 juin 2016, Jean-Luc Mélenchon salue alors le Brexit comme le début d’une rupture possible avec l’Union européenne, tandis que Marine Le Pen réclame un référendum similaire en France. Dix ans plus tard, cette ligne disparaît de leurs stratégies respectives, alors même que la séquence présidentielle de 2027 s’ouvre.
Le changement le plus net concerne le camp lepéniste. En 2012 comme en 2017, la sortie de l’Union européenne et l’abandon de l’euro figurent parmi les propositions centrales de Marine Le Pen, avant un revirement engagé à l’été 2017 après les élections présidentielle et législatives.
Un abandon dicté par le coût politique
Philippe Olivier, député européen et proche conseiller de Marine Le Pen, explique que cette réorientation intervient après un cycle électoral éprouvant et dans le cadre d’une refondation lancée dès juillet 2017. Selon lui, le parti remet alors à plat son nom ainsi que sa doctrine sur l’Union européenne et l’euro.D’après cet élu, la direction du parti estime à ce moment-là que la sortie de l’UE apparaît trop dure et trop brutale pour une grande partie de l’électorat. Il ajoute que le Front national subit sur ce thème une forme de disqualification préalable plus forte encore que sur l’immigration, ce qui contribue à écarter durablement le « Frexit » de l’offre politique du RN.
Cette évolution confirme qu’en France, malgré la visibilité du débat après le Brexit, l’hypothèse d’une rupture avec l’Union européenne reste marginale. À l’ouverture de la campagne de 2027, les principales forces contestataires privilégient désormais une critique de l’UE de l’intérieur plutôt qu’un projet de sortie.
Dans notre précédent article sur le recul du « Frexit » dix ans après le Brexit, nous expliquions qu’à l’approche de la présidentielle de 2027, ni le Rassemblement national ni La France insoumise ne portent désormais une sortie de la France de l’Union européenne. Nous y détaillions notamment le virage engagé dès l’été 2017 côté RN, la direction jugeant la rupture avec l’UE et l’euro trop brutale et politiquement coûteuse, tandis que les formations mélenchonistes ont également abandonné l’option d’une confrontation frontale.
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