Microsoft conclut un accord de plusieurs milliards avec Mistral pour étendre l'infrastructure d'IA en Europe

Microsoft conclut un accord de plusieurs milliards avec Mistral pour étendre l'infrastructure d'IA en Europe
Accord IA Europe majeur

Dans un contexte de demande croissante pour une IA dite souveraine en Europe, Microsoft et la start-up française Mistral annoncent mardi un accord de plusieurs milliards de dollars autour de capacités de calcul et de distribution logicielle. L'opération vise à renforcer l'accès à une infrastructure localisée en France pour les clients européens, notamment dans les secteurs réglementés, tout en élargissant la présence commerciale des modèles de Mistral.

Points forts

  • Microsoft investit plusieurs milliards de dollars dans l'infrastructure de Mistral en Europe, étendant la distribution de ses modèles d'IA via Azure et Foundry.
  • Les clients européens accèdent aux centres de données Mistral en France pour développer des applications IA, offrant une alternative aux infrastructures américaines et répondant aux exigences de souveraineté technologique.
  • L'accord répond à la demande européenne de contrôle technologique après la restriction d’Anthropic, tandis que Mistral vise 1 gigawatt de capacité de calcul d'ici 2030 et prépare une potentielle levée de fonds de 3 milliards d'euros.

Déploiement d'infrastructure et distribution des modèles

Selon France 24, comme l'ont indiqué les deux entreprises mardi, Microsoft s'engage à dépenser des milliards de dollars dans l'infrastructure de calcul de Mistral en Europe, dans le cadre d'un partenariat qui étend aussi la distribution de la technologie de la société française via les activités cloud et logicielles du groupe américain.

Avec cet accord, les clients de Microsoft Azure peuvent développer des logiciels en utilisant les centres de données de Mistral en France, ce qui donne à Microsoft davantage de capacité en Europe et offre aux secteurs réglementés une alternative aux infrastructures contrôlées depuis les U.S. Mistral ajoute aussi ses modèles d'IA Medium 3.5 et OCR 4 à Foundry, l'outil de création d'applications de Microsoft, tandis que Microsoft Copilot Studio intègre également Medium 3.5.

Les entreprises disposant de centres de données indépendants et accédant aux services Microsoft via Azure Local ont en outre la possibilité d'exécuter les modèles « ouverts » de Mistral, qui permettent aux clients de développer leurs propres usages de l'IA sous licence. Brad Smith, président de Microsoft, et Arthur Mensch, directeur général de Mistral, déclarent dans un entretien conjoint à Reuters que le partenariat cherche à offrir cette souveraineté tout en conservant l'accès aux logiciels américains et aux fonctions de sécurité.

Pression sur la souveraineté technologique en Europe

L'accord illustre l'intérêt croissant en Europe pour une réduction de la dépendance aux technologies américaines, afin de donner aux pays davantage d'influence sur leur avenir économique et sociétal. Cette dynamique devient plus pressante après la décision prise le mois dernier par une société américaine, Anthropic, de suspendre l'accès étranger à deux modèles avancés, ce qui ravive le débat sur l'indépendance technologique européenne.

Un découplage complet reste toutefois difficile. Les puces Nvidia qui alimentent l'essor mondial de l'IA, et qui sont également essentielles au développement des centres de données de Mistral, sont conçues aux U.S. Nvidia, comme Microsoft, fait partie des investisseurs de Mistral.

Brad Smith précise que l'accord annoncé mardi ne comporte pas de nouvelle prise de participation dans la start-up. Arthur Mensch ne commente pas une information de Bloomberg News selon laquelle Mistral discute d'une levée de fonds d'environ 3 milliards d'euros pour une valorisation de 20 milliards d'euros.

Basée à Paris, Mistral s'impose comme l'un des principaux espoirs européens dans l'IA. L'entreprise cible jusqu'ici l'industrie manufacturière, les services financiers et la défense, et elle compte déjà les forces armées françaises parmi ses clients. Arthur Mensch affirme que l'accord montre que Microsoft et Mistral travaillent ensemble à réduire l'écart d'infrastructure en Europe. Mistral vise 1 gigawatt de capacité de calcul d'ici 2030, et les deux groupes indiquent qu'ils élaborent désormais un plan commercial commun.

Dans notre précédent article sur l’action Microsoft (MSFT), nous avons souligné que la hausse du titre s’appuyait sur des résultats solides et une demande soutenue pour Azure et les services liés à l’IA. Nous notions toutefois que, malgré ce contexte favorable et les importants retours aux actionnaires, des signaux techniques mitigés et des risques juridiques autour de Copilot incitaient à la prudence.

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