L’Institut de la statistique du Québec publie un portrait régional du marché du travail, des revenus et de l’adoption des véhicules électriques
Le plus récent portrait régional du Québec révèle des écarts grandissants entre les régions de la province, alors que le vieillissement de la population, les mutations du marché du travail et la situation financière des ménages transforment les économies locales. La publication souligne également les inégalités d’accès aux services de santé et aux espaces verts urbains, tandis que l’adoption des véhicules électriques se poursuit dans les 17 régions administratives.
Points forts
- Au Québec, le taux d’emploi des travailleurs de 55 à 64 ans a augmenté de plus de 12 points de pourcentage entre 2011 et 2025, pour atteindre environ 64 %.
- Au Québec, le nombre de postes vacants a diminué de 50 % de 2022 à 2025 — une baisse de 60 % en Outaouais —, tandis que le PIB et le revenu disponible par habitant ont progressé dans presque toutes les régions en 2024.
- Le nombre de véhicules électriques légers au Québec est passé de 43 200 en 2019 à 447 400 au 31 mars 2026. Lanaudière, la Montérégie, l’Estrie et les Laurentides arrivent en tête pour l’adoption par habitant.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Indicateurs régionaux de l’économie et de la démographie
L’Institut de la statistique du Québec a annoncé la publication du Panorama des régions du Québec le 2 novembre. Celui-ci présente la situation dans les 17 régions administratives selon neuf thèmes, ainsi qu’un chapitre distinct sur les municipalités régionales de comté.Les données montrent un vieillissement de la population dans toutes les régions. La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine se démarque comme l’une des régions où la population est la plus âgée au Canada : les personnes de 65 ans et plus y représentent 32 % de la population. Le Bas-Saint-Laurent, la Mauricie et le Saguenay–Lac-Saint-Jean comptent aussi parmi les régions où la population est plus âgée.
Les travailleurs plus âgés occupent une place grandissante sur le marché du travail. Les personnes de 55 à 64 ans représentent une part croissante de la main-d’œuvre québécoise, et leur taux d’emploi augmente de plus de 12 points de pourcentage entre 2011 et 2025 pour atteindre environ 64 %. Les hausses sont particulièrement marquées en Chaudière-Appalaches et au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Parallèlement, les pénuries de main-d’œuvre s’atténuent après avoir atteint des sommets. De 2022 à 2025, le nombre de postes vacants au Québec diminue de 50 %, avec un recul de 60 % en Outaouais. Les Laurentides, la Capitale-Nationale et Montréal enregistrent également de fortes baisses.
La performance économique demeure inégale d’une région à l’autre, même si la production augmente largement. Le PIB progresse dans toutes les régions et la croissance du revenu disponible par habitant s’accélère dans presque toutes en 2024. La Côte-Nord et le Centre-du-Québec affichent les plus fortes hausses du PIB et une croissance du revenu disponible supérieure à la moyenne provinciale.
Logement, services et électrification : des écarts entre les régions
La valeur des propriétés continue de refléter les pressions démographiques et les tendances de la demande régionale. Au cours de la dernière décennie, la valeur moyenne des maisons unifamiliales au Québec est passée de 264 000 $ à 499 000 $, soit une hausse de 89 %. Elle a plus que doublé en Estrie, dans les Laurentides et dans Lanaudière, où la densité de la population augmente également rapidement.L’accès aux services essentiels et aux commodités demeure inégal dans la province. Environ 82 % des Québécois de 18 ans et plus sont inscrits auprès d’un professionnel de la santé de première ligne, mais cette proportion est plus faible à Montréal et plus élevée dans Lanaudière, le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, le Nord-du-Québec et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
La publication met également en évidence des écarts d’accès aux espaces verts urbains selon le revenu. Les ménages dont le revenu après impôt est de 125 000 $ ou plus sont plus susceptibles de vivre à proximité d’un espace vert urbain que ceux dont le revenu est inférieur à 40 000 $. Les écarts les plus importants se trouvent dans Lanaudière, en Outaouais, dans les Laurentides et en Montérégie.
Le transport électrique demeure l’un des secteurs de croissance structurelle les plus nets du portrait régional. Au 31 mars 2026, le Québec compte 447 400 véhicules électriques légers, contre 43 200 en 2019. Malgré un ralentissement de l’adoption au cours de la dernière année, le nombre de véhicules continue d’augmenter dans toutes les régions. Lanaudière, la Montérégie, l’Estrie et les Laurentides arrivent en tête par habitant.
Notre article précédent sur le marché indien de l’hébergement alternatif expliquait comment la hausse de la demande touristique exerce une pression sur la capacité hôtelière traditionnelle et accélère la croissance des séjours chez l’habitant, des villas et des maisons de vacances. Il soulignait la forte expansion des annonces en ligne et l’évolution des habitudes des voyageurs — délais de réservation plus courts et forte progression des recherches en ligne —, tout en faisant état de préoccupations quant à la constance du service dans les petits établissements.
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