La France va intensifier les contrôles des prix des carburants face aux tensions sur le pétrole
Selon Le Monde, sur fond de conflit au Moyen-Orient et de craintes de perturbations des flux pétroliers, l’exécutif français cherche à éviter un emballement des prix à la pompe. Sur Franceinfo et BFM-TV/RMC, les ministres Roland Lescure et Maud Bregeon ont évoqué une hausse limitée, de l’ordre de « quelques centimes », tout en annonçant un renforcement des vérifications dans les stations-service.
Points forts
- Roland Lescure signale une hausse de quelques centimes des prix de l’essence, jugée cohérente avec la progression du pétrole, sans tension d’approvisionnement sur 97 % du territoire.
- Le ministère de l’Économie mandate la DGCCRF pour contrôler que les hausses à la pompe restent raisonnables, afin d’éviter les effets spéculatifs liés au prix du baril.
- Maud Bregeon refuse la proposition du RN de réduire taxes sur carburants, estimant un coût budgétaire d’environ 20 milliards d’euros avec risques sur les finances publiques.
Hausse attendue à la pompe et situation d’approvisionnement
Roland Lescure a indiqué mercredi sur Franceinfo que les prix de l’essence augmentaient « de quelques centimes actuellement », une évolution qu’il juge cohérente avec la hausse du prix du pétrole. Le ministre a toutefois insisté sur l’absence de tensions généralisées, affirmant que dans plus de 97 % du territoire, la situation restait normale avec du carburant disponible. Maud Bregeon, ministre déléguée à l’énergie et porte-parole du gouvernement, a confirmé sur BFM-TV/RMC qu’à court terme une hausse moyenne « contenue et limitée » était attendue, avec des écarts possibles d’une station-service à l’autre. Selon elle, la suite dépendra de l’intensité du conflit, tout en assurant qu’il n’existe « aucun risque de rupture d’approvisionnement » grâce aux stocks et à des importations diversifiées.Contrôles renforcés pour limiter les hausses jugées excessives
Le ministère de l’économie veut éviter un effet spéculatif et contenir les hausses au plus près de l’évolution du baril. Roland Lescure a annoncé avoir saisi la DGCCRF pour mener des contrôles afin de vérifier que les augmentations restent « raisonnables » au regard du prix du pétrole. Le ministre a également souligné que la hausse du baril était, selon lui, « relativement raisonnable » à ce stade, tout en avertissant que la spéculation pouvait s’enclencher rapidement. De son côté, Michel-Edouard Leclerc avait estimé dès dimanche soir qu’une « nette hausse des marchés » d’hydrocarbures était à prévoir et rappelé que les prix avaient atteint des records en mars 2022 dans les stations de son enseigne.Débat politique sur les taxes et risques budgétaires
Maud Bregeon a mis en avant la « grande imprévisibilité » de l’évolution du conflit et jugé qu’il était trop tôt pour évoquer d’éventuelles mesures de compensation. Elle a indiqué que la priorité était de travailler à la réouverture du détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transite une part significative du pétrole et du gaz mondiaux. La ministre a par ailleurs qualifié de « précipitée » la proposition de Marine Le Pen de baisser les taxes sur les carburants, alors que le RN défend notamment une réduction de la TVA et de l’accise sur les produits pétroliers. Maud Bregeon a jugé « inconcevable » une baisse de TVA et de TICPE, estimant qu’elle créerait un manque d’environ 20 milliards d’euros dans le budget de l’Etat.Nous avons précédemment rapporté sur la ruée prudente de certains automobilistes à Léhon, près de Dinan, qui ont fait le plein par anticipation face aux tensions au Proche-Orient et à la crainte d’une flambée des prix. Notre publication expliquait que cette hausse de fréquentation des stations-service, dans une zone très dépendante de la voiture, pouvait localement accroître la pression sur la demande et contribuer à alimenter la hausse des prix.
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