En France, la prime de partage de la valeur se stabilise, après le pic de 2023
La baisse rapide de l’inflation en France allège la pression sur les entreprises en matière de revalorisation, et contribue à normaliser l’usage des compléments de rémunération, selon une étude publiée par l’Insee. Dans ce contexte, la prime de partage de la valeur (PPV) instaurée en 2022 poursuit son ralentissement, après une phase d’essor liée à la période de forte hausse des prix.
Points forts
- L’inflation ralentit de +4,7 % en 2023 à +2,0 % en 2024 et +0,9 % en 2025, réduisant la pression sur la dynamique salariale.
- Les versements de la prime de partage de la valeur chutent de 4,57 milliards d’euros en 2023 à 3 milliards en 2024 et 2,9 milliards en 2025, selon l’Insee.
- L’écart entre l’indice des salaires et le coût du travail atteint 0,8 point au quatrième trimestre 2025, reflétant la modification des exonérations sur les bas salaires et l’intégration de la PPV.
Selon Forbes France et l’Insee, l’inflation passe de +4,7 % en 2023 à +2,0 % en 2024 puis à +0,9 % en 2025, ce qui réduit la tension sur les négociations salariales. L’indice des salaires horaires ralentit dans le même temps, avec une hausse de +4,1 % en 2023, puis +3,0 % en 2024 et +2,1 % en 2025. Sur un an, la progression des salaires atteint +1,7 % au quatrième trimestre 2025, après +2 % au trimestre précédent. L’Insee indique que cette tendance s’inscrit dans une trajectoire engagée dès la mi-2023, au fur et à mesure que l’inflation devient plus modérée.
La PPV entre en « régime de croisière »
La prime de partage de la valeur, créée en août 2022 en remplacement de la prime Macron, bénéficie sous conditions d’exonérations sociales dans la limite de 6 000 euros, tout en restant soumise à la CSG. Après un pic à 4,57 milliards d’euros en 2023, les montants versés reculent à 3 milliards en 2024 puis à 2,9 milliards en 2025. Au quatrième trimestre 2025, les entreprises versent 1,4 milliard d’euros de PPV, soit 100 millions de moins sur un an, confirmant le reflux de ce complément de rémunération. L’Insee estime que le dispositif se stabilise désormais, signe d’une normalisation après son essor initial.Écart salaires-coût du travail, un point d’attention
L’Insee relève un écart croissant entre l’indice des salaires et celui du coût du travail, calculé à partir du salaire super brut incluant les cotisations employeurs. Alors que la hausse des salaires horaires ralentit, le coût du travail tend à stagner, une divergence attribuée aux ajustements d’exonérations sur les bas salaires introduits dans le budget 2025. L’intégration de la PPV dans l’assiette de ces exonérations en fin d’année contribue également à cet écart. Entre le troisième et le quatrième trimestre 2025, la différence entre les deux indices passe ainsi de 0,4 point à 0,8 point, illustrant des trajectoires distinctes entre rémunération perçue et coût global pour les employeurs.Nous avions précédemment rapporté que le choc pétrolier et gazier lié à la guerre en Iran commençait à se diffuser au-delà de l’énergie, en ravivant les craintes d’inflation et en poussant les rendements obligataires à la hausse en zone euro. Notre publication expliquait que cette remontée des taux, avec un risque de durcissement monétaire, augmentait aussi le coût de refinancement de l’État français à mesure que les anciennes émissions à taux quasi nuls arrivent à échéance.
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