Les valeurs du luxe testent un scénario de reprise en bourse en 2026

Les valeurs du luxe testent un scénario de reprise en bourse en 2026
Luxe : scénario de reprise

Selon une contribution de Matéis Mouflet, analyste de marchés chez XTB France, les groupes du luxe abordent 2026 avec l’espoir d’un retour en grâce en bourse, après plusieurs paris géographiques devenus plus risqués. Le secteur ne traverse pas, à ce stade, une crise structurelle, mais un ajustement après l’euphorie post-pandémie. Dans ce contexte, les investisseurs scrutent une reprise qui s’annonce plus sélective, portée par les marques les plus solides et une exécution opérationnelle sans faute.

Points forts

  • Hermès prévoit un chiffre d'affaires de 16 milliards d’euros en 2025 avec une croissance de 9 % et une marge nette supérieure à 28 %.
  • LVMH affiche des difficultés à renouer avec la croissance tandis que Kering poursuit son repositionnement sous la direction de Luca de Meo.
  • Entre 2019 et 2023, les prix du luxe ont augmenté de 20 à 40 %, réduisant l'accès des clients aspirationnels et annonçant une croissance 2026 plus modérée.

Des relais de croissance plus exposés au risque

Selon une analyse publiée par Forbes France, depuis 2021, les maisons de luxe cherchent des moteurs de croissance, mais la trajectoire se complique selon l’analyse de XTB France. La Chine, d’abord considérée comme le grand levier, ralentit nettement depuis la pandémie, sur fond de crise immobilière et de confiance en baisse. Les États-Unis, premier marché mondial en valeur pour le luxe, deviennent à leur tour plus difficiles avec des tensions commerciales, des droits de douane et un ralentissement de la consommation. Le Moyen-Orient apparaît comme un relais supplémentaire, tiré par la richesse régionale et le tourisme haut de gamme, mais la zone reste exposée à des tensions géopolitiques élevées.

Résultats 2025, un secteur du luxe à plusieurs vitesses

La saison des résultats 2025 renforce l’idée d’un secteur hétérogène, avec des gagnants et des acteurs en transition. Hermès demeure la référence, avec environ 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, une croissance proche de 9 % à taux de change constants et une marge nette supérieure à 28 %. À l’inverse, LVMH peine à retrouver le chemin de la croissance, tandis que Kering reste engagé dans un cycle de transformation. Ce chantier est mené par son nouveau directeur général, Luca de Meo, arrivé l’an dernier après s’être forgé une réputation dans l’industrie.

Prix, fondamentaux et trajectoire 2026 plus modérée

Une partie du ralentissement s’explique par la hausse rapide des prix, largement adoptée par l’industrie. Entre 2019 et 2023, de nombreuses maisons augmentent leurs tarifs de 20 à 40 %, une stratégie qui préserve les marges mais éloigne une partie du client aspirationnel. Malgré cela, les fondamentaux restent jugés solides, soutenus par la croissance mondiale de la richesse, l’augmentation du nombre de millionnaires et la puissance des grandes marques. Pour 2026, le scénario central n’est pas un retour à l’euphorie post-Covid, mais une croissance plus modérée et plus durable, avec une reprise potentiellement sélective selon la désirabilité des marques et leur discipline opérationnelle.

Nous avions précédemment rapporté qu’Hermès suscitait un regain d’intérêt des investisseurs malgré les vents contraires du secteur du luxe. Notre publication soulignait une pression vendeuse persistante sur le titre, avec des indicateurs techniques globalement baissiers, tout en notant des fondamentaux jugés solides (demande, discipline tarifaire et dividende) et des niveaux clés autour de 1 750–1 800 € et d’une résistance proche de 2 021 €.

Ce matériel peut contenir des opinions de tiers, aucune des données et informations sur cette page web ne constitue un conseil en investissement selon notre Avertissement. Bien que nous respections une stricte Intégrité Éditoriale, ce post peut contenir des références à des produits de nos partenaires.