La Nouvelle-Calédonie subit une chute durable de l’emploi après les émeutes de 2024
Deux ans après la crise insurrectionnelle de 2024, la Nouvelle-Calédonie fait face à un affaiblissement prolongé de l’emploi, de la consommation et du crédit. Dans cet archipel de 265 000 habitants, la dégradation sociale se manifeste aussi par des stratégies de subsistance visibles autour de Nouméa et de sa périphérie.
Points forts
- Après les émeutes de 2024, le nombre de salariés recule de 18,4 % dans le privé et de 7,3 % dans le public en deux ans.
- Les importations chutent de 29 % en 2024 puis de 11 % en 2025, tandis que la production de crédit recule de 50,5 % par rapport à 2023.
- Près de 12 800 emplois sont perdus depuis 2024, accentuant la précarité et l'adaptation informelle autour de Nouméa.
Indicateurs économiques en forte dégradation
Comme le rapporte Le Monde, les données disponibles montrent qu’en deux ans le nombre de salariés recule de 18,4 % dans le secteur privé et de 7,3 % dans le secteur public, après les émeutes de 2024 qui ont fait 15 morts et causé 2 milliards d’euros de dégâts. Elise Desmazures, directrice de l’Institut de la statistique et des études économiques, souligne que l’emploi salarié retombe à son niveau d’avant 2009.Le ralentissement touche aussi la demande intérieure. Les importations baissent de 11 % en 2025, après une chute de 29 % en 2024, signe d’une consommation affaiblie. Dans le même temps, malgré le recul des taux, la production de crédit en 2025 diminue de 50,5 % par rapport à 2023, montrant que les ménages renoncent à emprunter pour financer leurs projets.
Une pauvreté diffuse dans l’agglomération de Nouméa
La crise sociale s’installe sans mobilisation visible, mais elle apparaît dans l’usage quotidien de l’espace urbain. À Nouméa et dans sa banlieue, des collines sont défrichées pour accueillir des bananiers ou de petits potagers, tandis que les fossés en bord de route servent aussi à cultiver des taros, un tubercule très demandeur en eau.Cette adaptation illustre une précarité qui s’enracine à bas bruit dans l’archipel. Depuis 2024, près de 12 800 personnes perdent leur emploi, ce qui accentue la fragilité sociale dans un territoire déjà marqué par le choc économique et humain des violences.
Dans notre précédent article sur la hausse du coût de la dette française, nous expliquions que la remontée des rendements obligataires à l’échelle mondiale poussait l’OAT à dix ans au-dessus de 3,95 %, un plus haut depuis 2009. Nous soulignions aussi que cette hausse se traduisait par un bond des intérêts payés par le Trésor et réduisait les marges de manœuvre budgétaires de l’État.
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