Le Royaume-Uni, la France et l’Italie font face à une hausse des taux sous la pression des marchés
La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz alimente une nouvelle tension mondiale sur les taux d’intérêt en maintenant les prix du pétrole à des niveaux élevés. En Europe, le Royaume-Uni, la France et l’Italie apparaissent parmi les grands pays les plus exposés à ce choc inflationniste et au durcissement des conditions de financement.
Points forts
- Le rendement des obligations à dix ans a franchi 4,5 % aux U.S. le 13 mai et 3,8 % en France, atteignant des sommets depuis plus d'une décennie.
- La hausse persistante du baril au-dessus de 100 dollars alimente les craintes d'inflation durable et d'un ralentissement économique mondial, selon Le Monde et Rexecode.
- Le Royaume-Uni, la France et l’Italie affrontent une pression accrue des marchés, la remontée des taux menaçant leurs finances publiques et l’investissement privé.
Hausse mondiale des rendements obligataires
Comme le rapporte Le Monde, les marchés financiers réévaluent la durée de la crise liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, alors que la persistance d’un baril au-dessus de 100 dollars renforce les craintes d’un rebond de l’inflation et d’un ralentissement économique. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à Rexecode, estime que les investisseurs jugent désormais la crise moins passagère qu’ils ne l’imaginaient au départ, ce qui pousse mécaniquement les taux à la hausse.À la mi-mai, ce mouvement se constate sur plusieurs grands marchés. Aux U.S., le taux à dix ans dépasse 4,5 % le 13 mai pour la première fois depuis un an, tandis qu’au Japon il atteint 2,7 %, un sommet depuis les années 1990. En France, le rendement à dix ans atteint 3,8 % et frôle son plus haut niveau depuis 2009, égalant une brève période observée fin mars.
Pression accrue sur les économies européennes
Le renchérissement durable de l’énergie accroît le risque d’une inflation plus forte et plus longue que prévu, ce qui tend à maintenir des coûts d’emprunt élevés pour les États comme pour l’économie privée. Les analystes de Natixis résument cette dynamique en jugeant que le marché obligataire perd patience.Dans ce contexte, les pays européens les plus vulnérables sont ceux qui restent particulièrement sensibles à une dégradation simultanée de l’inflation, de la croissance et des conditions de financement. Le Royaume-Uni, la France et l’Italie se retrouvent ainsi sous une pression accrue des marchés, alors que la remontée des rendements peut peser sur leurs finances publiques et sur l’investissement.
Dans notre précédent article sur la flambée du WTI au-dessus de 105 $, nous expliquions que la hausse des prix du pétrole était surtout alimentée par le risque de perturbations d’approvisionnement via le détroit d’Ormuz, sur fond de tensions au Moyen-Orient. Nous soulignions aussi que cette prime géopolitique, combinée à des anticipations d’inflation plus élevées et à un marché encore tendu malgré un ralentissement de la demande, entretenait une forte volatilité et ravivait les craintes de choc énergétique.
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