Nouvelle-Calédonie approuve l’élargissement du corps électoral avant le scrutin provincial
À moins de six semaines des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement fait avancer au Parlement une réforme du corps électoral jugée décisive pour l’organisation du scrutin du 28 juin. Le texte validé par le Sénat prévoit d’ajouter 10 569 natifs calédoniens qui ne remplissent pas encore les critères actuels de vote, tandis que son adoption à l’Assemblée nationale reste incertaine.
Points forts
- Le Sénat approuve le 18 mai, par 304 voix contre 20, l’élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie aux natifs avant le scrutin provincial.
- La réforme ajoute 10 569 électeurs potentiels au corps électoral jusqu’ici gelé, mais exclut l’extension aux conjoints des Calédoniens malgré la pression gouvernementale.
- Les violences liées à la question du corps électoral en 2024 ont causé 14 morts et 2 milliards d’euros de dégâts, accentuant l’enjeu du vote du 28 juin.
Calendrier parlementaire et contenu de la réforme
Comme le rapporte Le Monde, le Sénat approuve lundi 18 mai, par 304 voix contre 20, la proposition de loi organique qui élargit le corps électoral des élections provinciales aux natifs de Nouvelle-Calédonie. Le texte, soutenu par le gouvernement en présence du premier ministre Sébastien Lecornu, arrive dès mercredi à l’Assemblée nationale, où l’issue du vote demeure incertaine.Cette réforme vise à intégrer en dernière minute 10 569 électeurs supplémentaires à un corps électoral jusqu’ici gelé. Le Sénat refuse toutefois d’étendre ce dispositif aux conjoints des Calédoniens, alors que cette option figure parmi les attentes du gouvernement.
Enjeu institutionnel et risque politique dans l’archipel
Après trois reports, les élections provinciales, initialement prévues il y a deux ans, doivent se tenir le 28 juin. Un peu plus de 180 000 électeurs figurent sur la liste électorale spéciale pour ce scrutin, contre 220 000 inscrits sur la liste électorale générale.Le dossier conserve une forte sensibilité politique et économique dans l’archipel. En 2024, la question du corps électoral déclenche plusieurs mois de violences, faisant 14 morts et causant 2 milliards d’euros de dégâts, ce qui renforce l’importance institutionnelle et sécuritaire du vote à venir.
Dans notre précédent article sur la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie avant les provinciales du 28 juin, nous revenions sur l’avis favorable (de justesse) du Congrès local à l’élargissement du corps électoral, relançant un texte appelé à être examiné au Parlement. Nous y détaillions l’objectif d’intégrer 10 569 natifs actuellement exclus — ainsi que le débat autour d’une éventuelle extension aux conjoints — dans un contexte toujours marqué par les violences de 2024 et le risque de nouvelles tensions institutionnelles.
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