Le CESE s'apprête à élire sa première présidente dans un contexte de crise institutionnelle

Le CESE s'apprête à élire sa première présidente dans un contexte de crise institutionnelle
Première femme au CESE

Le Conseil économique, social et environnemental doit choisir le 20 mai entre deux candidates pour succéder à Thierry Beaudet, un scrutin qui conduit pour la première fois une femme à la tête de l'institution. Cette élection intervient alors que cette assemblée consultative installée au palais d'Iéna, à Paris, fait face à des critiques politiques croissantes, jusqu'à des appels à sa suppression.

Points forts

  • Le CESE élit sa première présidente entre Claire Thoury, favorite soutenue par la majorité des syndicats, et Dominique Carlac’h.
  • Claire Thoury bénéficie de soutiens déclarés approchant la majorité absolue après avoir officialisé sa candidature dès novembre 2025.
  • Le scrutin intervient alors que le CESE fait face à une crise de légitimité, l'extrême droite contestant son utilité et évoquant sa suppression.

Scrutin décisif pour la succession

Comme le rapporte Le Monde, les 175 membres du CESE départagent Claire Thoury, 37 ans, présidente du Mouvement associatif, et Dominique Carlac’h, 57 ans, cheffe d’entreprise et ancienne porte-parole du Medef. Le vote scelle la succession de Thierry Beaudet à la tête de la troisième Assemblée de la République.

Claire Thoury semble aborder le scrutin en position favorable. Candidate depuis novembre 2025, soit près de quatre mois avant sa rivale, elle bénéficie de soutiens déclarés qui approchent la majorité absolue.

De nombreuses associations ainsi que des structures du monde coopératif la soutiennent. Plusieurs syndicats, dont la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, FO, la FSU et l'UNSA, lui apportent aussi leur appui dans une déclaration commune publiée fin mars.

La CFTC laisse à ses représentants la liberté de vote. Solidaires ne rend pas publique sa préférence, même si ses deux conseillers sont présentés comme susceptibles de voter pour Claire Thoury.

Crise de légitimité pour l'institution

Cette transition se déroule dans un moment sensible pour le CESE, une chambre représentant la société civile souvent peu identifiée par le grand public. Son faible niveau de visibilité alimente les interrogations sur son rôle dans l'architecture institutionnelle française.

Les critiques se renforcent aussi sur le terrain politique. Des partis, en particulier à l'extrême droite, remettent en cause son utilité et vont jusqu'à évoquer la suppression de l'institution, ce qui donne à cette élection une portée plus large que la seule désignation de sa future présidente.

Dans un précédent article, nous revenions sur le débat relancé à l’approche de la présidentielle de 2027 autour du partage du pouvoir entre l’Élysée et Matignon. Nous expliquions que l’affaiblissement des majorités parlementaires depuis 2022 pousse plusieurs responsables à défendre une « dyarchie » plus marquée, avec un Premier ministre renforcé et un exécutif moins concentré à l’Élysée.

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