Le brut américain reste sous les 100 $ alors que les espoirs d’un accord entre les États-Unis et l’Iran progressent
Le WTI (USCrude) se négocie autour de 97,5 $ le baril, la récente baisse étant alimentée par le regain d’espoir concernant le rétablissement des approvisionnements pétroliers du Moyen-Orient après des déclarations optimistes de la part de responsables politiques. Cependant, tant qu’aucun accord officiel n’aura été annoncé par les États-Unis et l’Iran, il reste prématuré de parler d’un retournement de la tendance haussière de fond.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.

Les stocks américains continuent de se resserrer
Les stocks commerciaux de pétrole brut aux États-Unis ont diminué pour la quatrième semaine consécutive. Pour la semaine se terminant le 8 mai, les réserves ont chuté de 4 306 millions de barils à 452,9 millions de barils. Les stocks actuels sont désormais inférieurs de 0,3 % à la moyenne sur cinq ans, soulignant la persistance de la tension sur le marché. Les stocks au principal point de livraison de Cushing, Oklahoma, pour les contrats WTI, ont baissé de 1,7 million de barils à 29,1 millions de barils.
La réserve stratégique de pétrole (SPR) a également continué de diminuer, reculant de 5,2 millions de barils sur la semaine pour atteindre 384,1 millions de barils, soit 6,6 % de moins qu’il y a un an. Parallèlement, l’EIA a relevé sa prévision de production pétrolière américaine pour 2026 à 14,1 millions de barils par jour et augmenté ses perspectives de demande de 100 000 barils par jour. La saison estivale des déplacements et la hausse de la consommation d’essence accentuent également la pression sur les stocks de distillats.
Détroit d’Hormuz : 12 semaines de perturbations et des risques d’approvisionnement croissants
L’Iran a effectivement bloqué le détroit d’Hormuz pour la douzième semaine consécutive. Environ 20 millions de barils de pétrole par jour — soit environ 20 % du commerce mondial de pétrole par voie maritime — transitent normalement par cette route stratégique. Depuis l’instauration des restrictions, seuls deux pétroliers par jour traversent le détroit contre 60 habituellement, tandis que plus de 10 pétroliers auraient été touchés par des missiles du CGRI. Les exportations de pétrole irakien via Hormuz se sont effondrées par neuf en avril, passant de 93 millions à 10 millions de barils, contribuant ainsi à des pénuries de carburant.
Une coalition dirigée par les États-Unis a lancé une mission visant à rouvrir le détroit parallèlement à des négociations diplomatiques en cours. Le président Trump a déclaré que les discussions avec l’Iran étaient dans leur phase finale et que le conflit pourrait se terminer « très rapidement », tout en avertissant que des frappes militaires pourraient reprendre dans « deux à trois jours » si les négociations échouaient. Des données satellites montrant trois superpétroliers traversant le détroit ont renforcé l’optimisme du marché. Dans le même temps, Saudi Aramco a averti que si les flux restaient limités encore plusieurs semaines, une normalisation complète du marché pourrait ne pas intervenir avant 2027.
Perspectives à court terme
Les mouvements du marché pétrolier restent très dépendants de l’actualité au Moyen-Orient ainsi que de l’équilibre global entre l’offre et la demande. Tant que les espoirs d’un accord diplomatique subsistent, la pression sur les prix du WTI devrait persister, avec un prochain objectif baissier potentiellement situé autour de 95 $.
En revanche, toute escalade des tensions — comme évoqué précédemment dans l’article Le brut américain sous pression vendeuse alors que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran se poursuit — pourrait rapidement ramener les prix du WTI au-dessus du seuil des 100 $ le baril.
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