La France revoit en baisse son PIB du premier trimestre après un recul de 0,1 %
L’économie française se contracte légèrement au premier trimestre, dans un contexte de repli de la demande intérieure et de forte contribution négative du commerce extérieur. Cette révision à la baisse par rapport à une estimation initiale de croissance nulle intervient alors que la consommation des ménages, l’investissement et les marges des entreprises se dégradent.
Points forts
- L'Insee révise la croissance française au premier trimestre 2026 à -0,1 %, pénalisée par la consommation des ménages (-0,2 %) et l’investissement (-0,6 %).
- Le commerce extérieur pèse pour -0,9 point sur l’évolution du PIB avec des exportations en chute de 3,5 %, tandis que les variations de stocks contribuent positivement (1 point).
- Le taux de marge des entreprises diminue à 31,7 %, l’emploi salarié recule de 0,2 % sur un an avec 47.600 postes supprimés dont 60.700 dans le privé.
Révision de la croissance et moteurs du recul
Selon Le Monde, comme l’a indiqué l’Insee dans ses résultats détaillés publiés vendredi 29 mai, le produit intérieur brut français recule de 0,1 % entre janvier et mars, après une première estimation qui faisait état d’une stagnation.La demande intérieure, hors variations de stocks, retranche 0,2 point à la croissance trimestrielle. La consommation des ménages baisse de 0,2 %, avec un recul marqué de 0,7 % pour les biens, lié notamment à une diminution de la consommation d’énergie, tandis que les services progressent de 0,2 %.
L’investissement se replie lui aussi nettement, de 0,6 %, avec une baisse de 1,7 % dans la construction. Dans le même temps, les exportations chutent de 3,5 %, affectées par le recul des ventes d’avions, alors que les importations diminuent de 0,9 %. Au total, le commerce extérieur pèse pour -0,9 point sur l’évolution du PIB, alors que les variations de stocks apportent un soutien positif de 1 point.
Le trimestre est également marqué, à partir du 28 février, par le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. L’Insee ne publie toutefois pas de décomposition mensuelle de la croissance, ce qui ne permet pas à ce stade d’isoler l’effet de la guerre contre l’Iran sur le résultat trimestriel.
Pressions sur les ménages, les entreprises et l’emploi
Les indicateurs de revenus et de comportement d’épargne confirment un environnement économique plus contraint. Le taux de marge des entreprises recule à 31,7 % de la valeur ajoutée, contre 32,5 % au trimestre précédent, tandis que le taux d’épargne des ménages, déjà élevé, monte de 17,7 % à 17,9 %.La consommation pourrait rester sous pression avec une hausse des prix à la consommation de 2,4 % sur un an en mai, après 2,2 % en avril. Les prix de l’énergie accélèrent à 16,8 % sur un an, contre 14,3 % le mois précédent, portés notamment par une poussée des prix du gaz.
Sur le marché du travail, l’emploi salarié reste quasi stable au premier trimestre 2026. Le secteur privé perd 13.900 emplois sur le trimestre, soit une baisse de 0,1 %, tandis que le secteur public en gagne 9.000, en hausse de 0,1 %.
Sur un an, l’emploi salarié recule de 0,2 %, soit 47.600 postes en moins. Le privé perd 60.700 emplois sur cette période, alors que l’emploi public gagne 13.200 postes. L’emploi non salarié continue en revanche de progresser, avec une hausse de 0,6 % sur le trimestre, soit 20.900 emplois, et de 2,3 % sur un an, soit 80.000 emplois.
Dans notre précédent article sur le déficit de la Sécurité sociale en 2026, nous expliquions que le solde pourrait se creuser au-delà des prévisions budgétaires, sous l’effet d’une conjoncture plus dégradée et de prix de l’énergie élevés. Nous soulignions aussi que le scénario restait sensible aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, susceptible de prolonger les tensions sur l’énergie, l’inflation et la croissance.
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