L’Assemblée nationale serre les normes sur le cadmium dans les engrais phosphatés

L’Assemblée nationale serre les normes sur le cadmium dans les engrais phosphatés
Cadmium : normes renforcées

La chambre basse française approuve en première lecture un texte qui accélère la baisse des teneurs en cadmium dans les engrais phosphatés afin de réduire l’exposition de la population à ce métal lourd toxique. Le vote, acquis par 144 voix contre 22, ouvre désormais une nouvelle étape parlementaire au Sénat malgré l’opposition du gouvernement sur le calendrier retenu.

Points forts

  • Un plafond de 40 mg/kg de cadmium dans les engrais phosphatés sera appliqué à partir du 1er janvier 2027, puis 20 mg/kg en 2030.
  • Le projet de loi, soutenu par la gauche et plusieurs groupes centristes, a été adopté à l’Assemblée nationale et poursuit son parcours au Sénat.
  • Le gouvernement prévient que le calendrier adopté menace la compétitivité et la souveraineté alimentaire, mais les porteurs du texte jugent le surcoût minime.

Calendrier de réduction adopté par les députés

Comme l’a rapporté Le Monde, la proposition de loi portée par Benoît Biteau et Clémentine Autain fixe un plafond maximal de 40 mg/kg d’anhydride phosphorique (P2O5) dans les engrais phosphatés à partir du 1er janvier 2027, puis de 20 mg/kg en 2030. Le texte vise à freiner l’accumulation du cadmium dans les sols agricoles, puis dans les aliments et dans l’organisme.

Le projet est adopté avec le soutien de l’ensemble de la gauche, ainsi que des groupes MoDem, Horizons et Renaissance. L’extrême droite et une députée Les Républicains votent contre, tandis que le texte, très médiatisé et appuyé par des militants, poursuit maintenant son parcours législatif au Sénat.

Enjeux pour l’agriculture française

Le gouvernement défend une trajectoire de baisse plus graduelle, en invoquant un risque pour la compétitivité de l’agriculture française. Devant les députés, le ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefèvre, reconnaît une surimprégnation de la population française au cadmium par rapport à d’autres pays européens, tout en estimant que le rythme adopté n’est pas réaliste.

Selon lui, ce calendrier risque d’affaiblir la souveraineté alimentaire et de fragiliser les filières agricoles. Durant les débats, Benoît Biteau soutient au contraire que le surcoût pour les agriculteurs d’une décadmiation prise en charge par les producteurs d’engrais reste minime.

Dans notre précédent article sur le projet de loi d’urgence sur la souveraineté agricole, nous expliquions comment son passage à l’Assemblée nationale a ravivé les clivages après les mobilisations agricoles de l’hiver 2025-2026. Nous détaillions les principales mesures discutées — stockage de l’eau, assouplissement des règles pour l’élevage, encadrement des importations et prix planchers — ainsi que les points jugés juridiquement fragiles avant la navette avec le Sénat.

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