Grand Paris, un débat institutionnel relance la stratégie métropolitaine

Grand Paris, un débat institutionnel relance la stratégie métropolitaine
Débat sur la métropole

Le débat sur la gouvernance du Grand Paris revient au premier plan après les propositions de Clément Beaune sur une fusion entre Paris et la petite couronne. Dans une tribune, l’économiste Pierre Veltz et le maire de Massy estiment qu’une réforme du périmètre administratif ne répond pas aux besoins réels des habitants, des entreprises et des réseaux de l’agglomération.

Points forts

  • Un Grand Paris limité à la petite couronne regrouperait moins de 7 millions d’habitants sur 13 millions, risquant d’exclure des pôles importants comme Versailles ou Roissy.
  • Les auteurs avancent que la région correspond mieux à la réalité métropolitaine parisienne et pilote déjà des compétences clés telles que les transports collectifs et l’écologie.
  • La tribune valorise le nouveau schéma directeur régional, priorisant des projets concrets et la reconnaissance de centralités multiples sur une réforme institutionnelle majeure.

Critique du périmètre proposé

Comme le rapporte Le Monde, les auteurs jugent qu’un Grand Paris limité à la petite couronne serait à la fois anachronique et déconnecté de la réalité de la région urbaine de Paris, qui compte 13 millions d’habitants. Ils estiment qu’un tel schéma regrouperait moins de 7 millions de personnes et créerait une ville centrale d’une taille inédite en France, au risque d’affaiblir la démocratie communale.

Selon eux, cette configuration laisserait de côté une large part des habitants de l’agglomération, qui vivent et travaillent dans la métropole sans être pleinement intégrés à sa gouvernance. Ils considèrent aussi que la forte concentration de fonctions clés dans Paris intrapériphérique, notamment dans la culture, la santé, la recherche et les médias, constitue déjà un déséquilibre majeur pour l’agglomération et pour le pays.

Les signataires soulignent en outre que plusieurs pôles structurants, comme Versailles, Massy-Saclay, Roissy ou Eurodisney, n’entrent pas dans le périmètre évoqué. Ils font valoir que ni les habitants, ni les entreprises, ni les grands réseaux de transport ne s’organisent à cette seule échelle administrative.

La région comme échelon stratégique

Les auteurs défendent une organisation reposant à la fois sur des échelons de proximité et sur une instance stratégique forte à l’échelle métropolitaine. À leurs yeux, le bon niveau local se situe entre 10 000 et 100 000 habitants, tandis que la région apparaît comme le cadre le plus adapté pour piloter les grands sujets structurants.

Ils mettent en avant le fait que la région coïncide pour l’essentiel avec la réalité vécue de l’agglomération et qu’elle gère déjà les transports collectifs. Ils jugent qu’elle est aussi à la bonne échelle pour la recherche, l’enseignement supérieur, l’écologie, l’énergie, la santé, l’habitat, l’intégration, les solidarités et la réduction des inégalités.

La tribune insiste enfin sur le nouveau schéma directeur régional, présenté comme une reconnaissance du besoin de centralités multiples. Dans cette logique, les auteurs plaident pour des projets concrets plutôt qu’un vaste bouleversement institutionnel.

Notre précédent article sur l’élection de Jean-François Debat à la présidence du Comité des finances locales (CFL) expliquait que cette transition faisait suite au départ d’André Laignel après sa défaite aux municipales. Nous y soulignions aussi que ce changement, à l’approche du renouvellement estival du CFL, pouvait peser sur le dialogue budgétaire entre l’État et les collectivités, dans un contexte de fortes contraintes sur les finances publiques.

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