Le Parlement européen approuve un durcissement des retours migratoires dans l’UE
L’Union européenne renforce son cadre de gestion des déboutés du droit d’asile avec un vote du Parlement européen en faveur d’un nouveau règlement sur les retours. Le texte ouvre notamment la possibilité pour les Etats membres volontaires de mettre en place des centres de rétention hors de l’UE afin d’accélérer les expulsions.
Points forts
- Le Parlement européen adopte le 17 juin un règlement sur les retours migratoires par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions.
- Le texte autorise la création de centres de rétention hors UE et accélère les expulsions des personnes déboutées du droit d’asile.
- Des divergences persistent entre eurodéputés et plusieurs États envisagent des centres au Rwanda, Ouganda ou Ouzbékistan, confrontés à des obstacles juridiques et diplomatiques.
Vote et contenu du nouveau dispositif
Comme le rapporte Le Monde, le Parlement européen approuve le 17 juin à Strasbourg ce règlement par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions, malgré les protestations de la gauche contre un texte présenté comme un durcissement majeur de la politique migratoire européenne. Cette réforme complète le pacte sur la migration et l’asile adopté en 2024 et appliqué en France depuis le 12 juin 2026.Le règlement vise à renforcer les sanctions et le renvoi des personnes déboutées du droit d’asile. Il prévoit plusieurs mesures destinées à accélérer les expulsions et autorise les Etats qui le souhaitent à conclure des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l’Union, afin d’y transférer des migrants en situation irrégulière refusés par leur pays d’origine.
Divisions politiques et mise en oeuvre incertaine
La possibilité de créer ces centres à l’étranger, souvent qualifiés de « hubs de retour », provoque des divisions jusque dans les rangs centristes français. L’eurodéputée Fabienne Keller, du groupe Renaissance, estime que l’envoi de familles avec enfants dans de tels centres sans garanties suffisantes sur les droits fondamentaux franchit une ligne rouge, tandis que les eurodéputés Renaissance obtiennent une liberté de vote après consultation de Gabriel Attal.A l’inverse, Nathalie Loiseau et Gilles Boyer, affiliés à Horizons, choisissent de soutenir le texte. Selon Gilles Boyer, la mesure répond à une incapacité publique largement critiquée sur les reconduites à la frontière.
Plusieurs pays, dont le Danemark, l’Autriche et l’Allemagne, commencent déjà à envisager des implantations possibles, notamment au Rwanda, en Ouganda et en Ouzbékistan. L’Italie de Giorgia Meloni a déjà testé une approche voisine en Albanie, mais ce centre reste longtemps vide en raison de contestations judiciaires, ce qui souligne les obstacles juridiques et diplomatiques auxquels les Etats membres font encore face.
Dans un précédent article, nous revenions sur le règlement européen dit « retour » et sur la façon dont ce vote du 17 juin cristallisait les fractures politiques en France, notamment au sein du bloc central. Nous expliquions que le texte, conçu comme un complément du pacte migration et asile, vise à durcir les sanctions et à accélérer l’éloignement des personnes déboutées du droit d’asile, tout en devenant un marqueur stratégique à l’approche de 2027.
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