Pierre Cuypers relance la pression pour l’acétamipride au Sénat

Pierre Cuypers relance la pression pour l’acétamipride au Sénat
Acétamipride: débat relancé

Dans le débat sur la loi d’urgence agricole, la réintroduction encadrée de l’acétamipride revient au Sénat sous l’impulsion du sénateur LR de Seine-et-Marne Pierre Cuypers. Cette initiative s’inscrit dans une campagne de longue date en faveur des néonicotinoïdes, sur fond de contestation publique et de précédents revers constitutionnels.

Points forts

  • Pierre Cuypers dépose le 11 juin au Sénat un amendement visant à autoriser l’acétamipride sous conditions strictes dans la filière betteravière.
  • L'initiative intervient malgré deux millions de signatures contre la loi Duplomb et la censure d’une mesure similaire par le Conseil constitutionnel le 7 août 2025.
  • Cuypers, exploitant de 245 hectares et acteur clé de la FNSEA et de la filière agro-industrielle, relie l’acétamipride aux enjeux économiques du sucre et des biocarburants.

Amendement sénatorial et stratégie betteravière

Comme le rapporte Le Monde, Pierre Cuypers dépose le jeudi 11 juin un amendement visant à autoriser, « sous conditions strictes », l’usage de l’acétamipride, un pesticide jugé toxique pour les insectes pollinisateurs et préoccupant pour la santé humaine.

Cette démarche intervient dans le cadre de l’examen de la loi d’urgence agricole au Sénat, avec les corapporteurs Laurent Duplomb et Franck Menonville. Même si l’initiative a de fortes chances d’échouer, elle illustre une ligne constante consistant à présenter les néonicotinoïdes comme un levier de survie pour la filière de la betterave sucrière.

Le texte rappelle aussi que cette offensive parlementaire se déploie malgré une opposition visible, marquée par deux millions de signatures contre la loi Duplomb et par la censure d’une mesure similaire par le Conseil constitutionnel le 7 août 2025.

Poids local et enjeux pour la filière agricole

Issu d’une famille de betteraviers, Pierre Cuypers dirige une exploitation de 245 hectares à Aubepierre-Ozouer-le-Repos, en Seine-et-Marne, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Il a également été maire de cette commune jusqu’en 2017.

Avant son entrée au Sénat, l’élu cumule plusieurs responsabilités dans l’orbite de la FNSEA, notamment à la tête de son antenne départementale et au conseil d’administration de la Fédération des oléagineux et protéagineux. Il préside aussi l’Association pour le développement des carburants agricoles, produits à partir de betteraves, ainsi que la chambre d’agriculture départementale, ce qui ancre son action dans les intérêts économiques de la filière sucrière.

Dans un précédent article, nous analysions la concentration des aides de la PAC parmi une quarantaine de parlementaires français liés à des exploitations agricoles, avec des montants supérieurs à la moyenne sur plusieurs années. Nous soulignions que cette surreprésentation alimente les critiques sur la représentativité de ces élus et le risque de conflits d’intérêts lorsqu’ils interviennent sur des textes visant à alléger les règles du secteur, notamment autour de la loi d’urgence agricole.

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