La Corse ravive le débat sur l’autonomie et fracture la droite locale
Depuis l’arrivée des nationalistes au pouvoir à l’Assemblée de Corse en 2015, la question institutionnelle s’impose au centre du débat politique sur l’île. Le projet d’écriture constitutionnelle adopté en 2024 approfondit cette dynamique et accentue les divisions au sein de la droite corse sur l’étendue des pouvoirs à accorder à la collectivité.
Points forts
- Le 27 mars 2024, l’Assemblée de Corse a voté à une large majorité un projet constitutionnel relançant le débat sur l’autonomie et fracturant la droite locale.
- Laurent Marcangeli (Horizons) soutient l’autonomie, tandis que François-Xavier Ceccoli (Les Républicains) refuse de donner un « chèque en blanc » à la collectivité.
- Depuis l’arrivée des nationalistes en 2015, la question constitutionnelle structure la vie politique corse mais détourne, selon ses détracteurs, l’attention des enjeux économiques et sociaux.
Projet constitutionnel et lignes de fracture
Comme le rapporte Le Monde, le projet d’écriture constitutionnelle voté à une large majorité par l’Assemblée de Corse le 27 mars 2024 recompose durablement le paysage politique local. Le texte cristallise en particulier une opposition entre les partisans d’une décentralisation renforcée et ceux qui défendent un véritable pouvoir normatif local.Cette fracture se lit nettement à droite. Le député Horizons de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli apparaît comme un défenseur du statut d’autonomie au sein de la majorité macroniste, tandis que le député Les Républicains de Haute-Corse François-Xavier Ceccoli se montre réticent à accorder à la collectivité ce qu’il considère comme un « chèque en blanc ».
Un débat institutionnel aux effets politiques durables
La séquence actuelle s’inscrit dans un cycle ouvert en 2015 avec l’arrivée des nationalistes à la tête de l’Assemblée de Corse. Depuis, l’enjeu constitutionnel occupe une place centrale dans les débats publics de l’île, au point d’alimenter ce que le conseiller territorial de droite Jean-Martin Mondoloni qualifie de « fièvre institutionnelle ».Pour ses détracteurs, cette focalisation détourne l’attention de dossiers économiques et sociaux jugés plus structurants. À l’inverse, Gilles Simeoni, ancien président de l’exécutif et désormais conseiller exécutif chargé de l’autonomie, présente cette évolution comme « un rendez-vous avec l’histoire », signe que le débat sur les institutions reste un marqueur majeur de la vie politique corse.
Dans notre précédent article sur l’examen du projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse à l’Assemblée nationale, nous expliquions que le texte, déjà validé en commission, devait ouvrir la voie à une autonomie accrue permettant d’adapter certaines lois et normes aux spécificités de l’île. Nous rappelions aussi l’avertissement de Gilles Simeoni : un rejet ou un affaiblissement du projet pourrait provoquer des conséquences politiques majeures et rouvrir une période d’incertitude institutionnelle.
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